7 août 2018

Assurances équestres : comment et pourquoi assurer son cheval ?

10 mois qu’Easy est à moi et j'ai déjà dû appeler 2 fois le vétérinaire en urgence pour un accident de pré et une colique. Sans gravité à chaque fois, heureusement, et ça ne m’a coûté qu’une main plutôt qu’un bras. Mais cela a suffit à relancer la question qui me taraude depuis son achat : faut-il que je prenne une assurance équestre ? Pour me décider, je me suis lancée dans une analyse plus approfondie du sujet, que je vous livre ici.



« Assurance civile » et/ou « assurance dommages » ?


J’imagine que tout le monde connait le fonctionnement d’une assurance, mais en bref : c’est un contrat passé avec un tierce qui, contre paiement d’une cotisation, s’engage à vous indemniser lorsque surviennent certains incidents. Le montant des indemnités et les conditions pour les toucher dépendent du type de contrat passé et font varier le montant des cotisations. 

Il existe donc des assurances spécialisées pour les cavaliers et les chevaux. Elles se divisent en deux grandes catégories :
  • Les assurances en responsabilité civile (normalement obligatoire),
  • Les assurances dommages.


Assurance en responsabilité civile


C’est l’assurance qui couvre les dégâts que vous (enfin, votre cheval) pourriez infliger aux autres, les incidents qui sont de votre responsabilité. Elle se divise en deux options :
  • L’assurance en action d’équitation : c’est-à-dire l'assurance qui couvre les dégâts occasionnés par votre cheval lorsque vous pratiquez une activité équestre : pendant que vous prenez un cours, pendant un concours, pendant une balade, pendant que vous le longez… La licence FFE comprend automatiquement cette assurance, que vous soyez propriétaire ou non du cheval que vous montez.
  • L’assurance hors action d’équitation, appelée également RCPE pour Responsabilité Civile Propriété d’Equidé. Elle prend en charge les dégâts causés par votre cheval quand vous ne montez pas dessus. Par exemple, il est dans son pré, s’échappe, casse une clôture et renverse un piéton ; c’est ce type d’assurance qui prendra en charge les réparations et le dédommagement de la personne blessée. Notons que si votre cheval est en pension, l’écurie où il se trouve a obligation de souscrire à cette assurance car en votre absence et en tant que gardien de votre cheval, c’est sa responsabilité civile qui est engagée s’il se produit quelque chose !


Assurance dommage


Plus couramment désignée sous la formule « assurance mortalité-vol-frais vétérinaires », c’est l’assurance qui couvre directement votre cheval et tous les incidents qui pourraient lui arriver : blessure, maladie, intervention chirurgicale, dédommagement en cas de vol, invalidité ou décès… selon ce que prévoit votre contrat et les options que vous choisissez.

L’idéal est donc de souscrire pour les deux formules d’assurance, responsabilité civile et dommages, afin d’être intégralement couvert. Concernant la protection du cavalier, toute personne possédant une assurance habitation est un minimum couverte, mais il est toujours possible de se renseigner pour ajouter des garanties via une assurance spécialisée dans le secteur équestre.
La colique, 1ère cause de décès par maladie chez le cheval, peut être très coûteuse à soigner.
Beaucoup d'assurances prennent désormais en charge la chirurgie pour la soulager.



Les termes à comprendre pour comparer les assurances


Vous savez maintenant quel type d’assurance vous voulez, première étape. Puis en faisant des devis, vous vous rendez compte que les différences entre chaque assurance se situent au niveau des « plafonds » et « franchises » et que le coût de la cotisation dépend de la « valeur agrée ou déclarée » du cheval… Des termes techniques clés qu’il faut absolument comprendre pour comparer intelligemment les différents contrats proposés.

Délai de carence : délai qui s'écoule entre la signature du contrat d'assurance et la prise d'effet des garanties. C'est un moyen pour les assurances de vérifier que vous ne prenez pas un contrat chez eux pour faire soigner un cheval déjà mal en point.
Exemple : si vous souscrivez à une assurance comportant 30 jours de délai de carence, aucun sinistre ne sera pris en charge pendant les 30 premiers jours de votre contrat.

Franchise : c'est la somme à partir de laquelle l'assurance prend le relais, la somme que vous devez payer de votre poche à chaque sinistre. Donc plus la franchise est basse, plus c'est avantageux.
Exemple : votre contrat comprend une franchise de 100€ pour les soins vétérinaires courants. Vous recevez une facture de 80€ : c'est à vous de tout payer car le montant est inférieur à la franchise. Par contre, ce même contrat comporte une franchise de 150€ pour les coliques avec chirurgie et vous venez de recevoir la facture de 4000€ pour cette opération : vous payez 150€ et l'assurance prend en charge le reste (dans la limite de son plafond*).

Plafond : somme maximale que vous versera l'assureur pour un type de sinistre. Le plafond est le plus souvent exprimé de manière annuelle et plus rarement par sinistre. Plus il est élevé, mieux c'est.
Exemple : vous avez reçu votre facture de 4000€ pour une colique avec chirurgie.
Cas 1 : votre assurance propose pour ce type de sinistre une franchise de 150€ avec un plafond annuel de 3000€. Elle prend donc en charge 3000€ sur la somme totale et vous devez payer 1000€ (150€ de franchise + 850€ non pris en charge par l'assurance car hors plafond). Si une autre colique demandant une chirurgie se produit la même année, l'assurance ne prend plus rien en charge car le plafond a été atteint.
Cas 2 : votre assurance propose pour ce type de sinistre une franchise de 150€ avec un plafond par sinistre de 2000€. Elle prend donc en charge 2000€, vous payez 2000€ (150€ de franchise + 1850€ non pris en charge car hors plafond) MAIS si une autre colique demandant une chirurgie se produit dans l'année, vous serez encore remboursés de 2000€.

Valeur : lors de la souscription de votre contrat, on vous demandera la valeur du cheval à assurer (vous pouvez vous baser sur son prix d'achat par exemple). Plus la valeur est élevée, plus les indemnités en cas d'invalidité, vol ou décès sont élevées (en général, elles sont égales à la valeur du cheval)... mais plus la cotisation est chère également ! Il existe deux types de valeur : la valeur agréée ou la valeur déclarée.
  • La valeur agréée est la valeur du cheval fixée par une expertise et validée par l'assurance avant la signature du contrat. C'est une sorte de garantie pour l'assuré car en cas de décès, vol ou invalidité du cheval se produisant dans les conditions fixées par le contrat, l'assureur paiera sans objection les indemnités. 
  • La valeur déclarée est la valeur fixée arbitrairement par l'assuré. On peut avoir payé son cheval 2000€ et décider de l'assurer pour 8000€ (quoi, l'amour n'a pas de prix !). Sauf que l'on paye une cotisation plus élevée et en cas de décès, vol ou invalidité du cheval, l'assureur peut finalement demander une expertise, prouver que votre cheval ne vaut pas ces 8000€ et ne rembourser que 2000€. Vous aurez donc cotisé plus cher pendant X années pour rien.
Ce n'est donc finalement pas si simple car il faut bien réfléchir à la valeur qu'on déclare et bien faire la balance entre franchise et plafond : ne pas être attiré par une franchise basse (= assurance qui prend vite le relais) qui cacherait un plafond peu élevé (= finalement peu de choses remboursées). Pour un cheval sensible, un plafond par sinistre peut être plus intéressant qu'un plafond annuel pour avoir un soutient régulier. 
Exemple : tableau de garanties de Cavalassur accompagnant leur devis.



Comment choisir son assurance ? Faut-il vraiment en prendre une ?


Vous savez maintenant lire vos devis, mais reste à savoir comment départager la multitude d'offres d'assurances équestres que l'on trouve de nos jours. Quelques conseils pour vous aider à choisir :
  • Définissez à l'avance ce que vous attendez de l'assurance : seulement un soutient en cas d'opérations d'urgence ? Une vraie garantie pour tous les petits accidents de la vie ? Une couverture pour un type spécifique d'incidents auquel votre cheval est sensible (cheval avec des antécédents) ? Suivant vos besoins, les formules ne seront pas les mêmes et mieux vous ciblerez, mieux vous serez couverts et plus le prix sera juste.
  • Faites un tri judicieux dans les options (surtout si vous avez un petit budget) : est-ce vraiment utile de demander un remboursement en cas de vol ou mortalité si vous avez acheté votre cheval une bouchée de pain ? Est-ce nécessaire de prendre une responsabilité civile en action d'équitation si vous êtes sûrs de prendre chaque année une licence ? Si votre cheval n'a aucun antécédent, avez-vous besoin de prendre les garanties contre les maladies respiratoires ?...
  • Consultez les tableaux de garantie détaillés et lisez les conditions générales et particulières ainsi que les exclusions de garantie : ne vous contentez pas du résumé fourni sur le devis, vérifiez le montant/pourcentage exacte des prises en charge, comment elles fonctionnent et les conditions pour y avoir le droit. On peut parfois avoir de mauvaises surprises dans les petites lignes (certaines maladies exclues de la prise en charge, mortalité couverte que pour un décès dans certaines conditions, plafond qui ne peut enfaite pas dépasser la valeur du cheval...). N'hésitez pas à appeler directement les assureurs pour leur poser des questions concrètes. 
  • Vérifiez les exigences de l'assurance : demande-t-elle un certificat vétérinaire de bonne santé pour assurer le cheval (ce qui veut dire prévoir une visite payante du véto) ? Comment se passe la venue de l'expert pour la fixation de la valeur agréée du cheval ? Combien de temps a-t-on pour déclarer un incident et comment ?...

Là, vous commencez à vous dire que ça fait un peu trop à penser et qu'en plus, le prix de la cotisation augmente très vite quand on veut une assurance au top. Alors, est-ce que cela vaut vraiment le coup de se lancer ? Je dirais OUI, il vaut mieux prendre une assurance :
  • Pour les chevaux de valeur : d'un point de vue très pragmatique, quand on a beaucoup investi dans un cheval (achat, entretien, avenir sportif), il vaut mieux s'assurer que cet argent n'aura pas été jeté par les fenêtres en cas de blessure ou de décès...
  • Pour les chevaux ayant des soucis de santé réguliers (maladie ou maladroits) : comme les vieux chevaux, ils sont très difficiles à faire assurer car jugés à risque et peu rentables pour les assurances. La cotisation peut alors être plus élevée et le contrat doit être bien négocié pour rester avantageux. Mais payer une cotisation un peu élevée chaque mois reste plus facilement gérable que devoir sortir seul l'intégralité d'une grosse facture véto régulièrement...
  • Pour se prémunir en cas de pépin : oui, on s'est tous dit que mettre de l'argent sous le matelas suffirait. Mais cette technique tient vraiment du quitte ou double et n'est viable que si on possède une vraie grosse somme permettant de couvrir plusieurs incidents importants (il faut au moins compter dans les 10 000€). Sinon, le calcul est vite fait : même si vous réussissez à mettre 200€ par mois de coté sur un 1 an, vous n'aurez qu'un capital de 2400€. Il faut compter dans les 3000-4000€ pour une chirurgie de colique : vous devrez donc vider votre cagnotte et trouver 600€ à 1600€ supplémentaires. Avec quel argent paierez-vous en cas de complication ou rechute ? D'un autre côté, si vous payez une assurance à 40€ par mois sur 1 an, vous aurez "perdu" 480€ de cotisation annuelle mais en cas de chirurgie, vous n'aurez peut être que les 150€ de franchise à débourser... Et quand la survie de son cheval est en jeu, ne pas devoir  se demander si on a les moyens financiers pour le sauver est un vrai soulagement.



Le dernier mot Jean-Pierre...


Après réflexion, c'est donc décidé : je vais prendre une assurance pour Easy. Je possédais jusque-là une petite cagnotte qui m'a été bien utile mais qui a aussi été bien entamée. Je vais bien évidemment continuer à l'alimenter car il ne faut pas oublier qu'une assurance a ses limites et que de nombreux frais n'atteignent pas le montant de la franchise tout en faisant des trous dans le budget courant. Mais ce sera un soulagement désormais de se dire qu'il n'y aura pas à réfléchir pour gérer financièrement les urgences.

À chacun la liberté et la responsabilité de juger son propre cas et la nécessité de prendre ou non une assurance pour son cheval. Mais si plus de gens souscrivaient ou prenaient au sérieux cette problématique, on éviterait peut-être la prolifération de cagnottes Leetchi et compagnie de gens pris à la gorge pour payer les factures d'accidents divers et variés...

3 commentaires:

  1. Bonjour Article intéressant mais honnêtement je m'interroge. Aujourd'hui mon cheval est assuré, je paie 54 euros par mois. Les frais engagés pour sa santé en plus d'un an ne dépassent pas le montant de la franchise sans compter tout ce qui n'est pas pris en charge.
    Du coup sans payer d'assurance ces frais là auraient été largement couverts et j'aurais même pu mettre de côté la différence.
    Donc en ce moment ma réflexion est plutôt à l'inverse je n'ai pas encore pris la décision mais je viens de relire mon contrat et j'hésite très sérieusement !
    La seule inquiétude une fois que tu es assurée c'est est-ce que je ne vais pas avoir un gros problème dès la résiliation.
    J'aurai mieux fait de ne pas prendre d'assurance dès le départ je pense et mettre de côté.
    Pour la RC il faut savoir que notre assurance habitation la prend généralement en charge il suffit de l'interroger pour en être sûr.

    Du coup actuellement j'ai le sentiment de payer pour rien.....

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    1. C'est sûre que quand tout va bien et qu'il n'y a que des petits bobos, on a l'impression de jeter son argent par les fenêtres... Mais le jour où il y a un vrai gros soucis, c'est un soulagement d'avoir une somme d'argent assez conséquente prête à servir !

      Je pense qu'il ne faut pas trop faire le calcule : ce que je dépense en assurance VS ce que j'aurais pu mettre de côté sans car on est toujours déçu/perdant (mais tant mieux, ça veut dire que Pompom a une santé de fer !). L'assurance n'est pas là pour faire gagner de l'argent mais pour assurer ses arrières en cas d'urgence !

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