3 juin 2018

Easy Story : décembre 2017.

Non non, je n'ai pas 6 mois de retard sur le récit de mes aventures avec mon petit trotteur... Faut dire que depuis qu'il est entré dans ma vie, je suis bien occupée et je ne vois plus le temps passer ! Le souci, c’est qu’avec tout ce décalage, j’ai tendance à oublier tout ce qu’il s’est produit, d’autant que le quotidien est riche et plein de nouveautés avec un jeune cheval ! Mais bref, essayons de reprendre le fil de notre histoire…



Vacances hivernales mais pas banales


Comme je le disais dans mon précédent article, après 1 mois aux côtés d’Easy à tester tout plein de choses, l’excitation est retombée et j’ai commencé à prendre du recul. Monter, longer, travailler à pied, être là 5 fois par semaine : n’est-ce pas un peu beaucoup pour un cheval de 3 ans et demi (même si les séances sont courtes et espacées) ? Qui plus est pour un réformé ? « Débourré » à 1 an, travaillé à 2 pour tenter les qualifications de trot attelé, monté à 3 pour apprendre aux futurs jockeys à tenir en selle… Il en a déjà vécu un tas de choses pour son âge ! Physiquement comme mentalement, je ne veux pas prendre le risque qu’il soit débordé ou usé prématurément. De plus, il vient de subir de nombreux bouleversements (changement de lieu et de mode de vie, changement d’activité…) et aurait bien besoin d’une pause pour assimiler tout ça et oublier un peu son passé de courses. C’est décidé, Easy sera en vacances tout le mois de décembre !

J’avoue que cette décision a provoqué des sentiments contradictoires en moi. Satisfaction de lui laisser ce temps de repos et soulagement de correspondre de nouveau à mes convictions personnelles (c’est-à-dire, ne pas travailler trop tôt et trop vite les chevaux) et en même temps déception de me retrouver à pied, d’interrompre le travail commencé et peur qu’il oublie tous ses progrès du premier mois. À cela s’ajoute qu’une pause en hiver n’est pas l’idée du siècle : j’ai cru perdre mes doigts de pieds plus d’une fois à faire brouter Easy dans le froid où à rester immobile à l’observer en liberté dans le manège. De plus, les balades sont limitées par les inondations, la boue ou le gel, de même que les sorties d’Easy : en période hivernale, il est au box intégral avec sortie d’1h minimum/jour en liberté dans le manège. Mais si les espaces de travail sont gelés ou inondés (ce qui est malheureusement arrivé très souvent cette année) … Bah on se retrouve à faire de la marche dans les allées de l’écurie pendant une heure. PASSIONNANT. Bref, qu’on se le dise, notre premier hiver ensemble, à pied, avec le mauvais temps qui l’a caractérisé, n’a pas toujours été facile.

Trotteur alezan.

Chat et cheval.
Oui, je désensibilise même aux chats.

Trotteur en reconversion qui galope.

Mais il a aussi été très amusant et a vraiment renforcé notre lien et notre connaissance l’un de l’autre ! Easy ne faisant que box – manège, je me suis dit que j’allais quand même agrémenter ses vacances de sorties en main (quand on le pouvait) et de séances de désensibilisation pour qu’il ne s’ennuie pas. Ayant déjà commencé les promenades à pied, on a juste ajouté une variante : accompagner les copains montés. Oui, j’avais l’air ridicule à suivre les autres cavaliers en marchant à côté de mon cheval. Mais ça a permis d’apprendre à Easy à prendre sur lui pour tolérer la présence des autres à ses côtés, que ce soit en marchant derrière ou à côté. Enfin, je devrais dire apprendre à supporter les gris car ils sont nombreux à l’écurie et malheureusement il semble robeciste (comme raciste, mais envers une robe ahah). Quand on n’était pas dehors, on était en manège pour des séances en liberté où je l’encourageais à se défouler, ce qui a naturellement amené à mettre en place quelques ordres vocaux et gestuels comme « change » pour qu’il change de main en tendant le bras dans la direction souhaitée, ou un début d’aspiration pour lui faire comprendre qu’il pouvait me rejoindre pour souffler.

Mais le plus drôle a vraiment été les séances de découverte et désensibilisation. Plots, barres au sol, ballon de horse-ball, parapluie, bouteille en plastique… Avec toujours la même procédure : j’amène l’objet, le pose et le laisse venir observer voire renifler. Puis je le prends et l’approche de ses naseaux : je félicite s’il le touche. Je touche son épaule avec. Je félicite encore s’il se laisse faire, sinon je retourne à l’étape précédente. On passe à toucher tout le corps, mettre l’objet au-dessus de sa tête, par terre, je félicite, et arrive enfin l’étape cruciale où je fais du bruit avec l’objet ! Secouer le parapluie, tordre la bouteille en plastique… Et je refais tous les étapes avec le bruit en plus. Après, suivant les caractéristiques de l’objet, j’ajoute des variantes : ouvrir et fermer le parapluie, lancer la balle de horse-ball par-dessus le cheval, remplir la bouteille en plastique de cailloux… L’important est vraiment de procéder par étape, ne passer à la suivante que quand le cheval ne montre aucune défense, lui laisser le temps de réfléchir et beaucoup féliciter. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Easy et à la fois curieux et courageux pour mon plus grand bonheur ! Rien ne l’a impressionné et il a tout accepté en un temps record ! Mieux, ça a semblé l’amuser aussi car il rapplique à la moindre nouveauté et s’applique beaucoup à explorer avec la bouche, taper sur les objets etc. De vrais bons moments à deux !




D'enfant prodige à enfant gâté, il n'y a qu'un pas...


Tout ce temps à pied s’est donc finalement avéré plus passionnant que ce je ne le pensais et aussi bénéfique car je suis vraiment rapprochée d’Easy. Je l’ai beaucoup observé (et je pense que la réciproque est vraie), j’ai passé du temps avec sans rien lui demander, j’ai passé du temps à le câliner, on a partagé de bons moments ensemble, je suis devenue celle qui lui apportait du plaisir (bonbons, sorties) … Un peu trop même car j’ai fini par en faire un enfant gâté et par commettre ma première erreur ! Il était tellement mignon que je ne lésinais pas sur les bonbons (#mamiegateau) et sa tendance à venir fouiller mes poches et mes mains m’attendrissait et me ravissait car il me montrait de l’intérêt et venait chercher le contact. Au fond de moi je savais que ce comportement intrusif n’était pas bon mais je me disais qu'un petit détail comme ça ne porterait pas à conséquence… GRAVE ERREUR ! Il a fini par devenir trop collant, énervé et déconcentré à pied : il s’agaçait vite à la moindre demande car il n’attendait que sa friandise ! Dès qu’un ordre était exécuté, il essayait d’attraper mes mains et fatalement, le drame est arrivé : il a fini par me mordre. Par accident mais quand bien même, je suis totalement fautive en n'ayant pas instauré des limites dès le début. Je tentais de le faire poser pour une photo et pour qu’il tienne tranquille, j’ai pris un mini bout de feuille à lui faire renifler dans ma main. En gros gourmand qu’il est, il a voulu l’attraper immédiatement mais a planté ses dents dans mon doigt, sans plus le lâcher car ne comprenant pas que ce morceau était à moi… J’ai fini en sang et surtout bien consciente qu’il était urgent de réagir.

Une semaine sans aucune friandise plus tard, à le renvoyer fermement chaque fois qu’il faisait mine de fouiller mes mains ou poches, j’ai repris les bases de la politesse face à la nourriture armée de l’excellent « Motiver son cheval : clicker training et récompenses » d’Hélène Roche. Je ne peux que recommander cet ouvrage car tout y est, je n’ai fait qu’appliquer les exercices ! Lui apprendre à rester immobile face à la nourriture, à attendre que je lui apporte, à ne pas réclamer, à attendre le signal pour la prendre... Mais cela veut dire aussi que j’ai revu mon utilisation des friandises qui sont devenues un outil de travail ! Fini de distribuer des carottes gratuitement, les bonbons sont désormais un renforcement positif dans le cadre d'exercices. J’ai copié le fonctionnement du clicker en le remplaçant par un « Ouiiiiii » que je prononce très aigüe et fort quand Easy fait quelque chose de bien. À force d’associer ce « oui » à une récompense, il en a compris la signification et je peux maintenant me contenter de cette exclamation pour lui indiquer qu’il a fait ce qui était attendu. Couplé à sa nouvelle éducation face à la nourriture sur laquelle je suis très pointilleuse, j’ai désormais un cheval qui attend sagement les bonbons , ne réclame plus et ne s’impatiente plus ! Ouf !

Photo cavalière et poulain.

Portrait avec mon cheval.

Cheval de Noël avec des bois !
2 secondes avant le drame avec la feuille de la discorde.



Le dernier mot Jean-Pierre...


Un mois de décembre très instructif, de façon positive comme négative. J'ai fait une erreur, je me suis laissée avoir par la facilité : "acheter" l'affection d'Easy par la nourriture. Et la vie s'est chargée de me rappeler que les relations basées sur de mauvaises raisons finissent toujours mal ! Finalement, notre complicité a vraiment commencé à se construire une fois les limites bien posées, quand on a pu faire connaissance et échanger dans le respect mutuel et dans un cadre clair. Et c'est bien le temps passé ensemble et rien d'autre, qui nous a finalement rapprochés...


7 mai 2018

Travailler son cheval monté : ni trop tôt, ni trop tard.

En 2015 déjà, je m'interrogeais sur les raisons qui mènent à traditionnellement débourrer les chevaux à l'âge de 3 ans. Après recherche, je tirais la conclusion que c'était la plupart du temps par impatience ou pour raison économique, alors que le corps du cheval n'est mature que vers 7 ans. Je me jurais alors que le jour où j'aurais un cheval, je le monterais le plus tard possible pour le laisser grandir. Le temps a passé, j'ai bel et bien acheté un jeune... et mon avis a changé.



"Travailler" ou "travailler" son jeune cheval ?

  
Le premier problème que l'on rencontre lorsque l'on discute des jeunes chevaux, c'est de savoir ce qu'on appelle "travail". Travail à pied ? Travail monté ? Lui apprendre à marcher en main, c'est du travail ? Et lui apprendre à tourner en longe ? Lui enseigner le montoir ? Faire une balade rênes longues ? Personne n'a la même définition de ce qu'est le "travail" du poulain, difficile dans ces conditions de s'entendre.

Pour moi, on peut découper le travail du cheval en différentes étapes :

  • L'éducation : qui se fait dès les premiers jours du cheval jusqu'à ses 3 ans... et même toute sa vie ! L'éducation, c'est apprendre au cheval à être un cheval et lui apprendre à respecter l'humain. La première partie, il le fait très bien tout seul dans un troupeau en apprenant la vie en société avec ses congénères. Mais il faudra ensuite l'aider un peu pour apprendre à interagir avec son environnement : ne pas avoir peur de ce qui l'entoure mais plutôt être curieux, rencontrer le plus de situations différentes possibles pour le stimuler et lui apprendre à rester serein face à la nouveauté (vive les balades en main et séances de désensibilisation !). Quant au respect de l'être humain, c'est lui apprendre qu'on ne mord pas même pour jouer, qu'on respecte l'espace vital des bipèdes, l'habituer à se laisser toucher partout, à marcher en longe sans doubler, céder aux pressions, rester à l'attache calme etc etc... C'est vraiment la base de tout, du travail à pied comme monté, et il y a fort à faire ! L'éducation permet d'avoir un cheval bien dans ses sabots et "bien élevé", ce qui facilite grandement les relations et le travail pour tout le reste de sa vie.

  • Le débourrage : d'après le dictionnaire "donner à un jeune cheval le premier dressage à la selle et aux aides". Ce qui se traduit donc par accepter de porter une selle, un filet et affiner encore plus l'apprentissage des cessions en introduisant la longe et en montant brièvement dessus pour expliquer au cheval que la pression des jambes disparaît s'il avance, la tension sur les rênes se relâche s'il ralentit, la chambrière se remet en position de repos s'il s'éloigne/avance. C'est tout ! Une fois cela acquis, le débourrage est terminé ! Donc un jeune de 3 ans qui est monté régulièrement et commence à varier les exercices n'est plus au débourrage ! Il est au travail, le débourrage n'est qu'un temps d'apprentissage bien précis.

  • Le travail à pied ou le travail monté : le travail c'est donc finalement tout ce qui se passe après le débourrage (ou avant, car le travail à pied étant moins contraignant physiquement, il peut être commencé pour justement aider au débourrage) et qui n'entre pas dans l'éducation. Longe, longues rênes, balade, début du dressage, obstacle... Bien sûr, dans le travail il existe beaucoup de nuances et de différences d'intensité qu'il faut adapter selon l'âge, les capacités physiques et mentales du cheval... et c'est bien là la difficulté. Car si tout le monde est d'accord pour dire qu'un minimum d'éducation est nécessaire et qu'on a communément admis que le débourrage se fait à 3 ans, la question de quel travail faire à quel âge est très épineuse et personne n'a les mêmes pratiques ! 

Différence entre éducation, débourrage et travail...
Et quand on commence le travail monté, ne pas oublier
de faire son stretching pour éviter les courbatures !


Une étude prouvant que le travail monté serait bénéfique... dès 2 ans ?


Comme je disais, c'est vraiment la notion de travail, plus précisément sous la selle, qui est un peu dans le flou artistique. Certains vont travailler leur jeune cheval tout de suite après le débourrage à raison de 3 séances par semaine, d'autres vont faire une pause et attendre les 4 ans pour commencer le travail monté 15 min une fois tous les 15 jours en balade... Et voilà que maintenant certaines études prétendent qu'on pourrait même commencer le travail monté - oui le travail, pas le débourrage - dès 2 ans !

Un article de 2012 paru dans le Equine Vetenary Journal, "The association of 2‐year‐old training milestones with career length andracing success in a sample of Thoroughbred horses in New Zealand" ("L'association entre les étapes d'entrainement de chevaux de 2 ans et la longueur de leur carrière et leur succès en course d'après un échantillon de Pur-Sangs de Nouvelle-Zélande") a en effet servi de base à un article assez controversé d'Equisense mettant en avant les bienfaits du travail chez un poulain de 2 ans. Ahem. L'article a le mérite de soulever un sujet épineux et d'émettre quelques idées intéressantes, mais présente malheureusement beaucoup de problèmes, d'approximations et d'arguments complètements faux ! Reprenons du début.


  • Analyse de l'étude sur l'entrainement des Pur-Sangs à 2 ans

Equisense base la quasi totalité de son article sur la recherche citée ci-dessus, qui malheureusement comporte déjà de nombreux points faibles (oui, je l'ai lu intégralement) :

  1. Cette étude se base uniquement sur des Pur-Sangs, et encore un échantillon, ce qui n'est donc pas du tout représentatif de la population équine. On ne peut donc pas tirer de vérité générale de cette recherche.
  2. L'entrainement des chevaux de course n'a absolument rien à voir avec celui des chevaux d'équitation classique, quelle que soit la discipline ! Entrainer un poulain pour qu'il porte un cavalier de 50 kg au grand galop ou pour qu'il saute des barres avec facile 75 kg à porter, ce n'est pas du tout la même chose ! Donc quand bien même il serait bon pour les Pur Sangs de commencer à courir à 2 ans, on ne peut pas conclure que nos chevaux aussi peuvent commencer aussi jeune, leur travail n'a rien en commun !
  3. L'étude constate que les chevaux qui démarrent l'entrainement et les courses à 2 ans ont plus de victoires et plus d'engagements au cours de leur carrière... On peut tout simplement se dire que statistiquement, plus on commence une carrière tôt, plus on a le temps et l'occasion de concourir. Et forcément, plus on est engagé, plus on a de chances d'être classé...?
  4. L'étude ne se base que sur l'observation de chiffres : nombre d'engagements, nombre de courses courues, nombre de victoires etc. Il n'y a aucune recherche vétérinaire, aucun scanner, prélèvement, analyses de sang, RIEN qui confirme l'impact et les soi-disant bienfaits de l'entrainement précoce sur le corps du cheval. On constate simplement que les chevaux qui démarrent leur carrière tôt ont une plus grande longévité en course et on émet l'hypothèse que cela a peut-être (c'est écrit noir sur blanc dans l'étude "MAY be of benefit to musculoskeletal health", dernière ligne de l'étude) un impact positif sur les performances et donc le corps. Il est d'ailleurs écrit que si "il y a une forte association entre l'entrainement à 2 ans et la longueur et le succès de carrière", "l'étude ne peut montrer aucun lien de cause à effet" (dernier paragraphe) et que cette recherche comprend de nombreux biais (les changements d’entraîneur au cours de la carrière du cheval qui peuvent influer sur sa réussite, le niveau de l’entraîneur et du jockey...).
  5. Il faut également garder en tête qu'un cheval peut avoir une longue carrière sans être en parfaite santé (la magie des infiltrations, anti-inflammatoires et autres dopants....) ! Dès le début de l'étude, il est rappelé que les blessures atteignant le squelette/la locomotion sont très nombreuses et sont la première cause d'arrêt des Pur Sangs : une vraie problématique dans le milieu des courses, qui a d'ailleurs mené à cette première recherche dans l'espoir de trouver une solution pour limiter les risques. On remarque également que l'échantillon étudié pour cette étude se réduit considérablement entre les 2 ans et les 6 ans des chevaux : preuve que c'est bien quitte ou double, seuls les plus résistants ont véritablement une longue carrière.
Les poulains ont besoin de vivre en extérieur.
Là où je rejoins Equisense, c'est que la vie au pré est
indispensable pour un bon développement !


  • Analyse de l'article d'Equisense 

Du coup Equisense se base sur la lecture très partielle d'une seule et unique étude (ça fait peu pour en tirer des conclusions grand public) qui reconnait elle-même ses limites, et au passage délivre des informations un peu bancales...

  1. "Un cheval atteint sa taille adulte à 3 ans (...) et non à 7" : euh non. Les exemples de chevaux continuant de grandir jusqu'à 4, 5 , 6 et effectivement 7 ans pour les plus tardifs sont légions ! Dans la nature, il n'y a jamais de règle précises (est-ce qu'on arrête tous de grandir au même âge ? Est-ce que toutes les femmes ont leurs règles à 13 ans pile ?). Et quand bien même, atteindre sa taille adulte n'est qu'UN critère de croissance, cela ne veut en aucun cas dire que le corps (cartilages, muscles, tendons...) du cheval est suffisamment solide et mature pour porter un cavalier !
  2. J'avance, sans certitude je le reconnais, qu'Equisense pourrait avoir sortit ses chiffres concernant la croissance d'une étude de... 1983 ! Coïncidence ou pas, on retrouve les mêmes informations et les mêmes dessins en page 10 de l'article de W. Martin-Rosset, qui n'est plus vraiment à la page avec les avancées scientifiques de ces 35 dernières années.
  3. L'article d'Equisense se justifie en parlant beaucoup des cartilages des membres, qui effectivement sont finis vers 2-3 ans. Mais quid du reste du corps ? C'est bien le dos le plus long à se consolider et c'est sur cette partie que repose directement le poids du cavalier !
  4. Concernant ces mêmes cartilages, Equisense parle du fait qu'ils sont à la naissance homogènes et deviennent hétérogène avec l'exercice, c'est-à-dire se renforcent aux endroits sollicités pour s'adapter aux contraintes et exercices demandés, ce qui les rendraient plus performants. En réalité, pas vraiment. Le Dr Bennett, cette formidable vétérinaire qui a publié un calendrier sur  l'âge de la maturité du squelette (dont vous pouvez relire la traduction ici), a justement étudié les chevaux de course et cette adaptation du squelette (je vous spoil son constat : c'est mauvais et beaucoup de chevaux souffrent par la suite de tendinites et autres douleurs chroniques). Traduction par mes soins d'un extrait de son article qui en parle particulièrement (page 3) :
<< Les os des membres distaux des jeunes chevaux à l'entrainement se réorganisent en réponse à n'importe quelles tensions auxquelles ils sont confrontés. (...) Quand des scanners ou études post-mortem sont réalisées sur des jeunes chevaux qui ont subi ce "pré-conditionnement", on trouve qu'un côté de l'os du canon a épaissi en réponse aux tensions. Cela ne veut pas dire que l'os s'est fortifié, mais bien qu'il a été remodelé : la substance osseuse qui aurait été distribuée de façon égale par le puits osseux s'est simplement concentrée sur une seule partie de l'os. (...) 
Est-ce que ce conditionnement est bon pour les jeunes chevaux ? Pour l'animal, la répartition de la substance osseuse aurait été plus égale et de meilleure qualité si on lui avait simplement laissé le temps de maturer un peu plus longtemps. Alors que la croissance en longueur du canon s'arrête aux alentours de 1 an et demi, l'augmentation de la circonférence du canon se poursuit jusqu'à près de l'âge de 5 ans, et la même chose peut être dite pour la croissance de tout autre membre du corps, avec les os situés plus haut dans le corps maturant plus tard. >>  
5. Enfin le dernier problème pour moi est l'approximation globale qui ressort de l'article d'Equisense... L'étude utilisée comme base a été lue en diagonale pour n'en ressortir que quelques éléments biaisés allant dans le sens de leur argumentation, on met sur le même plan exercice physique et vie au pré, on se base sur une étude parlant de travail monté mais on conclu en parlant de travail à pied, on dit "oui on peut travailler tôt mais pas trop" sans savoir ce qu'ils entendent pas "travail" ou "trop"... Assez surprenant de la part d'Equisense qui publie le reste du temps de très bons articles !

Bref, beaucoup de monde s'est emballé autour de cet article mais en réalité après lecture et recherche, aucune étude scientifique ou vétérinaire ne valide le fait que commencer le travail précocement à 2 ans est bon pour les chevaux. Bien au contraire : je ne peux que vous encourager à lire intégralement l'article passionnant du Dr Bennett (vraiment, c'est une pépite !) qui démonte toutes ces idées reçues et remet les choses à leur place. Donc monter à 2 ans, travailler à pied intensément à cet âge (attention à la longe qui tire pas mal sur les membres par exemple !), c'est bel et bien NON !



Faut-il attendre la fin de la croissance de son cheval pour le monter ?


Reste alors la question : quand peut-on monter son cheval sans passer pour un tortionnaire ? Faut-il attendre la fin totale de sa croissance à 7-8 ans ? Là encore, c'est le docteur Deb Bennett qui répond à cette question dans son étude et donne le programme à suivre pour allier plaisir de monter et respect de l'intégrité physique de son cheval :

  • 2 ans : commencer à manipuler son cheval et à l'habituer à toutes sortes de situations.
  • 3 ans : lui apprendre le montoir et la sensation d'un cavalier sur le dos (c'est donc bien le débourrage au sens strict du terme, comme décrit au début de cet article).
  • 4 ans : commencer à le monter de façon régulière pour lui apprendre la direction, les différentes allures et l'arrêt. Pas plus.
  • 5 ans : lui apprendre les bases de sa discipline de prédilection (commencer le travail sur 2 pistes, sauter des croisillons, allonger la durée des balades... suivant vos objectifs futurs avec votre équidé).
  • 6 ans : commencer enfin le travail, le vrai, pour avoir enfin un cheval bien mis !

Je décriais donc la tradition de débourrer à 3 ans mais en réalité, ce n'est pas ça le vrai problème. Le problème, c'est que passé le débourrage, beaucoup de cavaliers mettent directement leurs chevaux au travail comme des 5 ans (parfois sans même faire une pause post-débourrage), pratique encouragée par notre système de concours. C'est comme ça qu'on voit des jeunes de 4 ans en Cycles Classiques  d'obstacle enchaîner des barres à 1 m... ! Ce qui est trop éprouvant pour un squelette encore en construction et en consolidation... Des 4 ans travailler sur le plat sur la main, enchaîner les mouvements sur 2 pistes, travailler tous les jours montés sur des séances d'une heure.... A cet âge, ni le corps ni (bien souvent) le mental ne sont prêts pour de tels exercices. La fameuse "crise d'ado" ne serait-elle pas simplement l'expression de jeunes chevaux trop vite mis sous pression, trop vite mis dans un moule de travail ?

Pourtant, je sais maintenant combien il est difficile parfois de se refréner quand on est propriétaire d'un jeune cheval. Ils progressent si vite à cet âge, on a tellement hâte de voir jusqu'où on peut aller, d'atteindre de nouveaux objectifs à deux. Je dois avouer que c'est cette impatience qui m'a d'ailleurs fait réviser mon jugement sur le fait de débourrer à 3 ans et monter à 4. Mon cheval étant un réformé de courses, j'ai pu m'apercevoir que c'est enfaîte pas si mal de manipuler et habituer au matériel de façon précoce : j'ai un jeune cheval qui connait plus de choses et est donc bien plus zen et facilement manipulable que ses compères sortit du pré à 3 ans. Les études que j'ai pû lire m'ont ensuite rassurée sur le fait que monter sur son dos à 4 ans pour des séances légères n'est pas un crime. C'est ainsi que moi qui m'étais jurée d'attendre le plus longtemps possible pour monter le jour où j'aurais un jeune cheval, je me retrouve à monter le mien 2-3 fois par semaine, pour des séances de 15-20 min (30 min max longe comprise) où on ne fait rien de plus dur que des transitions et travailler la direction. Mon objectif pour cette année des 4 ans est simplement de pouvoir sortir en petites balade régulièrement, aux 3 allures, le tout en sécurité pour s'amuser et qu'il prenne gentiment du souffle et du muscle.

Travail du jeune cheval de 4 ans.
Cheval de 4 ans en balade au pas de 15 min, clairement surmené.

Au final, je pense même qu'il est bénéfique de commencer à monter gentiment à 4 ans (en faisant des pauses dès que le besoin se fait sentir), même si ce n'est qu'une conviction que j'ai. Mon cheval semble bien dans sa tête, cela varie ses activités et surtout, en même temps qu'il poursuit sa croissance, son corps évolue pour s'adapter spécifiquement au fait de me porter : il apprend à gérer son équilibre avec moi sur son dos, développe la musculature qu'il faut, son cardio... Comme pour un être humain, je me dis qu'il doit être plus facile de commencer un sport à 12 ans qu'à 30 ans car le corps a une capacité d'adaptation plus grande quand on est jeune et se modèle pour répondre au mieux aux contraintes de l'activité pratiquée. Bien sûr, il ne faut pas que cela soit au point de créer des modifications osseuses comme observées chez les Pur Sangs courant à 2 ans. C'est pourquoi l'exercice doit être modéré et progressif, afin d'aider le cheval à se préparer à une activité future plus intense. Mettre au travail un cheval de 8 ans qui a eu le temps de prendre goût à une vie sans être monté et qui n'a pas développé la musculature pour porter en sécurité un poids sur son dos me semble plus "violent" et difficile, du moins sur le papier, que préparer lentement et sur le long terme un cheval à l'équitation.



Le dernier mot Jean-Pierre...


Je pense que j'en ai déjà bien assez dit ; je vais donc me contenter de faire un résumé rapide pour ceux qui auraient sauter l'article pour en savoir la conclusion.

  • Faire travailler un cheval à 2 ans sous la selle (ou intensivement à pied) provoque des modifications osseuses pas vraiment souhaitables car créant des déséquilibres et augmente le risque de tendinites et autres atteintes locomotrices précoces.
  • Débourrer à 3 ans n'est pas une mauvaise chose tant que le cheval n'est pas réellement mis au travail avant ses 5 ans, 6 ans pour exploiter pleinement ses capacités.
  • A titre personnel, je pense que monter occasionnellement à partir de 4 ans permet de préparer progressivement le cheval sur le plan mental comme physique, lui permet de se développer de façon à pratiquer l'équitation en sécurité (c'est-à-dire sans se blesser, pour lui comme pour nous).
  • Et pourquoi pas revoir le système des concours pour ne pas les autoriser aux chevaux de moins de 5 ans afin de ne pas encourager à aller trop vite en besogne ?







8 mars 2018

Suis-je une mauvaise propriétaire ?

Quand on n'est pas encore propriétaire, on a plein de grands principes et des idées bien arrêtées sur comment on procédera quand on aura son propre cheval. Puis on passe de l'autre côté de la barrière, on n'abandonne pas ses idéaux mais il se confrontent violemment avec une chose qui s'appelle LA RÉALITÉ. Et là, c'est le drame.



La vie que l'on voudrait offrir VS celle que l'on peut avoir


J'avais dit que mon cheval vivrait pieds nus, au pré en troupeau, mangerait principalement des fibres avec un complément sain et adapté, que je viendrais autant que possible et prendrais toujours mon temps, que si j'ai un jeune je ne le ferais pas travailler trop tôt/trop vite pour respecter sa croissance, que je serais toujours présente dans les moments importants et serais une propriétaire impliquée qui gère elle-même tout ce qui concerne son cheval... En gros, je me brossais le portrait de la propriétaire parfaite dont le cheval vivrait une vie au plus proche du naturel, encouragée par les nouvelles tendances allant dans ce sens... mais qui sont malheureusement vite culpabilisantes car parfois difficilement réalisables.

Culpabilité, c'est le terme car coupable, je me le sens parfois. Car en réalité, je vis en banlieue parisienne donc les bonnes et vraies pensions pré en troupeau ne courent pas les rues. Car en réalité, j'aime mon cheval mais aussi l'équitation, je dois donc jongler avec mes ambitions cavalières et le respect de son bien-être (donc non, je n'ai pas tellement envie d'aller dans cette superbe pension pré intégral... mais sans installations ni encadrement). Car en réalité, je n'ai pas l'argent pour le moment pour lui changer son alimentation car celle de la pension ne me convient pas point de vue composition, mais je dois faire avec. Car en réalité, je ne peux pas poser des congés pour être présente à chaque rendez-vous avec un praticien alors je délègue. Car en réalité, il m'arrive parfois de ne pas avoir envie d'aller à l'écurie car je suis fatiguée et je préférerais rester dans mon canapé.

Bref, je me sens parfois coupable car je ne peux pas tout faire comme je le voudrais à cause de contraintes géographiques, de temps, d'argent. Alors que faire ? Déménager pour mon cheval ? Lui consacrer le moindre de mes centimes ? Sacrifier mes ambitions, envies, habitudes, pour être au plus proche de ses besoins naturels et de ce que les nouvelles tendances "au naturel" décrivent comme LE mode de vie idéal ? Le vendre si je ne suis pas capable de tout pour lui ? Certains diront oui, d'autres non et en réalité, je me suis aperçue qu'il n'y a pas de réponse universelle. Chacun place le curseur des besoins du cheval à impérativement respecter à un niveau différent. Par exemple, pour rester dans l'écurie où je suis, j'ai fait le compromis de ne pas avoir accès aux pâturages l'hiver pour préserver les terrains, mon cheval devant alors se contenter d'1 à 3 heures de liberté quotidienne en manège avec ses copains à la place. Une pilule dure à avaler pour moi et le sentiment un peu honteux de faire passer mes envies avant son bien-être. Mais au final, est-t-il vraiment malheureux de cette privation pendant quelques mois ? Et cette situation qui me fait bondir moi, n'est-elle pas le quotidien, la normalité pour bien d'autres ?

Cheval heureux qui se roule.
Easy qui ne savoure pas du tout ses sorties hivernales en manège.



La balance entre bien-être du cheval et plaisir personnel


Être propriétaire d'un cheval est pour moi une forme de pression car je me sens (et je suis réellement) responsable de son bien-être et de son bonheur. Je ne veux pas qu'il soit juste "pas malheureux" (un terme qu'on entend souvent pour justifier des situations limites "quoi mon cheval vit au box H24 et goûte un brin d'herbe tous les 36 du mois ? Ouais mais il a pas l'air malheureux"). Mais je ne peux pas non plus lui offrir tout ce dont je rêvais car je n'en ai pas les moyens ou la volonté. Car oui, égoïstement il faut le reconnaître, j'ai aussi envie de me faire plaisir dans toute cette histoire. Je n'ai pas acheté un cheval pour le subir donc il y a bien une question de choix fait en fonction de moi. Ce n'est pas que je l'aime moins, c'est que je m'aime aussi. C'est important je pense de le reconnaître et d'être clair sur ses propres limites, ne serait-ce que pour savoir jusqu'où on est prêt à les repousser en cas de besoin et faire des choix intelligents (mettre son cheval au pré au fond du Cantal pour son bien-être... et ne plus aller le voir car c'est trop une corvée de marcher des heures dans la pampa pour le retrouver. Une pension pré/box moins spacieuse aurait été un meilleur choix pour tout le monde).

Mais ce que je retiens de mes questionnements, c'est que je n'ai pas l'impression d'être une mauvaise propriétaire car je suis à l'écoute de mon cheval et je fais de mon mieux avec ce que j'ai, c'est-à-dire mes contraintes perso, et en m'adaptant pour les contrebalancer. Il est au box en hiver, soit, mais je suis prête à passer 1 heure sous la pluie à le faire brouter et il est sorti tous les jours avec des copains. Je le travaille déjà car je n'ai pas la patience d'attendre ses 8 ans fin de croissance, certes, mais j'adapte ce que je fait à son physique et son mental (4 ans le mois prochain, bientôt 4 mois sans être monté car on s'éclate en travail à pied !). Tout est une question de compromis !

Attention cependant, le fait de faire de son mieux n'excuse pas tout, le minimum syndical reste quand même de respecter les besoins fondamentaux des chevaux (manger de l'herbe/fibres autant que possible, avoir contacts sociaux avec des congénères quotidiennement, avoir un maximum de liberté de mouvement, être stimulé intellectuellement). Mais je pose un regard plus indulgent sur les propriétaires de tous horizons qui m'entourent car je m'aperçois que chacun fait selon ses possibilités, que chaque situation est unique et chaque cheval l'est aussi (donc oui, je suis toujours 100% contre le box intégral, mais oui, certains chevaux vivent le box mieux que d'autres, surtout s'il y a des compensations). Il n'y a pas de schéma idéal, tout est question de nuance, chacun faisant sa propre balance.

Est-ce que je suis une mauvaise propriétaire si mon cheval vit au box ?
Cheval perdant la tête suite à l'enfermement au box. Ou juste baillant, content
de retrouver son chez soi après une longue balade.



Le dernier mot Jean-Pierre...


Il n'y a pas vraiment de conclusion à cet article un peu brouillon, juste un partage de ressenti après m'être parfois regardée de travers dans le miroir. Peut-être que certains jugeront que je cherche à me trouver des excuses, peut-être que certains penseront que j'en fait déjà bien assez et que je me torture l'esprit pour rien. Chacun sa conception de l'équitation et des droits et devoir liés à la propriété d'un cheval.

Simplement, j'ai l'impression, après m'être posée la question "suis-je une bonne propriétaire" car la réalité ne correspondait pas à mes attentes, que j'ai enfin trouvé ma balance et que je n'ai plus à culpabiliser de mes choix. Personne n'a été là pour me mettre la pression mais il n'y a pire juge que soi-même. Oui, j'ai accepté que je fais certains choix égoïstes. Oui, j'ai accepté que la vie ne permet pas toujours de faire comme on a envie. Mais je fais de mon mieux en respectant mon cheval. Et je pense que c'est ce que devrait garder garder à l'esprit chaque propriétaire : il n'y a pas de règle ou de façon précise de faire, l'important est de faire son maximum pour le bien-être de son couple cheval-cavalier.















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14 févr. 2018

Easy Story : Octobre 2017 - Novembre 2017

Comme proposé sur Facebook, je me lance enfin dans la publication d'articles qui suivront dans les grandes lignes mon évolution avec Easy. Bien évidemment, ces articles n'auront vocation qu'à partager mon expérience, mes essais, erreurs et progrès. En aucun cas ils ne doivent être interprétés comme étant LA marche à suivre avec un jeune ou un trotteur. Je ne suis pas une professionnelle et c'est là le récit de mes aventures avec mon premier cheval, premier jeune, et premier réformé (!) alors bien évidemment, la tâtonnement est de mise...



Le début d'une nouvelle vie


Comme vous le savez (puisque bien évidemment, vous avez suivi toute mon histoire jusque-là, hein), Easy est arrivé à mes côtés le 19 octobre 2017. L'excitation était à son comble, j'avais tellement attendu mon cheval que j'avais envie de tout faire avec lui pour le découvrir et enfin profiter à fond : du plat, de la balade, de l'obstacle, du travail à pied, de la longe, de la liberté, des tours de cirque...! J'étais carrément fébrile et en même temps je n'osais rien faire car je me disais toujours qu'il faudrait d'abord que je vois avec Coach ou qu'elle me donne l'autorisation : j'ai eu du mal à surmonter mon manque de confiance en moi et à intégrer que ce cheval était bien le mien et que c'était à moi maintenant de prendre les décisions, sans avoir besoin d'attendre une validation extérieure.

Bref, revenons à la première semaine où ma préoccupation a été de bien installer mon cheval dans sa nouvelle maison son nouveau pré. Il est toujours conseillé de faire une mise à l'herbe en douceur pour éviter tout risque de colique ou de fourbure. Easy vivant jusqu'alors en box, je l'ai sortit au pré 1h le premier jour, 2h les deux jours suivants, la demi-journée les 5 jours d'après dans un paddock attenant à celui de ses futurs colocs (pour qu'ils puissent déjà s'habituer à la proximité les uns des autres) puis enfin, il les a rejoint pour passer la journée dehors et nuit en box. Et tout a été comme sur des roulettes !






Premiers pas montés


Une fois Easy installé, je suis remontée dessus, impatiente de juger ses réactions dans son nouvel environnement. Pas de mauvaise surprise, il s'est comporté exactement comme à l'essai : gigote sans cesse au montoir (même avec une personne qui le tient), ne tient pas à l'arrêt, bouche très dure, manque de direction, trotte vite et galope ventre à terre sans aucun équilibre, se déplace constamment tête à l'extérieur avec le poids sur l'épaule intérieur. Bref, il y a beaucoup de boulot, mais au moins il est toujours aussi gentil !

Mon premier vrai travail avec Easy a donc été le montoir. Comme je voulais continuer à le monter, il fallait régler ce problème rapidement sans passer par de longues séances à pied pour refaire les bases de l'éducation. J'ai choisi une méthode qui avait déjà fait ses preuves : le faire tourner sur lui-même rapidement chaque fois qu'il bouge pour créer un inconfort et que le confort devienne l'immobilité pendant que je monte. J'aime assez cette méthode car elle est sans violence ou énervement et fait appel à la compréhension du cheval : il est vite ennuyé de faire des petits cercles et comprend rapidement que c'est bien plus simple d'attendre ! J'ai commencé juste en me tenant auprès d'Easy et en rassemblant les rênes. Par anticipation, il commençait déjà à avancer. Cercle, on recommence. Une fois l'immobilité acquise, on passe à l'étape suivante : rassembler les rênes et lever la jambe. Puis mettre le pied à l'étrier. Puis se hisser en sac à patate. Et enfin se mettre en selle normalement. En une seule séance, j'ai pu me mettre en selle sans qu'il bouge. Une deuxième petite pour confirmer, et le montoir depuis le sol était réglé.

Suite à ça, j'ai commencé à le monter 2 fois par semaine pendant 10 à 20 min. Mes premières séances n'ont été que marcher et s'arrêter dans le but d'obtenir un pas plus calme et des arrêts sans lui arracher trois dents : j'ai dû me concentrer pour bien les demander en décomposant "je m'alourdie dans ma selle - je redresse mon dos - je le raidis - je monte les mains - je résiste avec les doigts - j'effectue une pression - je tire franchement" afin qu'il comprenne l'échelle de progression et finisse par réagir avant la dernière étape désagréable (et malheureusement obligatoire au début, car il ne comprenait pas).

Quand son pas est devenu détendu et les arrêts pas trop mal, on est passé à l'incurvation : ça a été dur  ! On lui demandait de faire tout le contraire de ce dont il avait l'habitude et ses épaules étaient un vrai bloc de pierre impossible à bouger ! Pas de mystère : j'ai mis en place mes aides et j'ai attendu, résisté pour que les épaules ne s'échappent pas, pour que la tête reste tournée dans la bonne direction... en luttant contre moi même pour ne pas m'agacer et ne pas faire de faute comme passer les mains du même côté. La moindre cession, le moindre pas dans la bonne direction était chaudement récompensé à la voix, par des caresses et une pause. À force de faire des cercles encore et encore, le principe de l'incurvation a finalement été acquis et la lutte pour tourner a cessé !

Enfin, vers la fin du mois, j'ai commencé à le monter au pas en carrière et/ou avec d'autres chevaux pour l'habituer à travailler malgré les distractions autour. J'ai commencé également le travail du trot pour qu'il cesse littéralement de courir. Pour ça : des transitions pas-trot-pas encore et encore et parfois des cercles pour l'obliger (ou du moins essayer) à se tenir. Le mois s'est fini avec quelques longueurs au petit trot réussites ! Mais la partie est encore loin d'être gagnée pour maîtriser cette allure.






Cavalière mais piétonne avant tout


Durant ce premier mois ensemble, c'est le travail monté qui a le plus été à l'honneur et où Easy a fait les progrès les plus fulgurants. Mais pour autant, avec deux séances de 20 min, c'est bien au sol que j'ai passé le plus de temps. En parfait petit poulain qu'il est, Easy tenait déjà très bien à l'attache (bien que toujours entrain de farfouiller à droite à gauche), marchait parfaitement en main et se laissait manipuler des pieds aux oreilles. J'ai donc commencé tout de suite avec le travail des cessions aux pressions : tenir la longe sous son menton et tirer vers le bas, relâcher dès qu'il baisse la tête et féliciter. Se placer à ses hanches, faire des mouvements pour le chasser avec les bras jusqu'à venir au contact s'il ne bouge pas, féliciter quand il décale les postérieurs. Bref, vous connaissez le principe. Il a fallut que je tâtonne un peu pour trouver le bon dosage de pression et la bonne position pour qu'il donne la bonne réponse. Ses épaules, la partie la plus verrouillée de son corps m'ont donné le plus de fil à retordre : il a fallut que je vienne le pousser franchement plusieurs fois pour qu'il accepte de les bouger et ce, sans d'échapper vers l'avant ou l'arrière. Je pense que regagner en mobilité et légèreté de l'avant main au sol m'a aidé dans l'acquisition de l'incurvation et du report de poids vers l'extérieur.

J'ai commencé également la longe en licol, 2 ou 3 séances, avec la bonne surprise qu'il comprenne très vite les ordres vocaux ! Par contre son caractère pot de colle fait qu'il peine à rester sur son cercle et profite de la moindre opportunité pour venir se rapprocher de moi. Dans un premier temps, j'ai choisi de laisser ça de côté pour me concentrer sur la réponse aux changements d'allure, la taille et la forme du cercle viendront plus tard. La longe a aussi été l'occasion de coder le galop (eh oui, faut pas oublier que j'ai affaire à un trotteur !).

Enfin, je me suis beaucoup baladée en main avec Easy. D'abord dans l'écurie pour lui montrer tous les airs de travail, les autres chevaux, les chiens, les objets, l'habituer au passage, au bruits, aux mouvements. Puis ensuite en extérieur, pour changer d'air et commencer à affronter le monde, le vrai ! C'est vraiment là que son statut de gentil cheval s'est confirmé : il peut-être regardant dehors (bonjour les bug de 5 min pour contempler un fantôme au loin), même si je préfère le terme de réfléchi, mais il saute très rarement en l'air (il faut vraiment le surprendre), il est très serein et très respectueux ! Bon, c'est aussi un petit malin car les premières fois qu'il s'est arrêté pour observer les environs, je l'ai ensuite laissé brouter pour qu'il imprime que tout va bien. Monsieur a vite compris que "je m'arrête = je peux brouter" et a commencé à en abuser. J'ai vite rectifié le tir : une caresse plutôt que de l'herbe et le cinéma a été terminé ! C'est bien là que je me suis souvenue que les jeunes sont de vraies éponges qui enregistrent TOUT.






Le dernier mot Jean-Pierre...


L'article est déjà bien long et pourtant ce n'est qu'un résumé de ce premier mois qui a été extrêmement rempli. Peut-être trop ? Il a fait ma fierté par sa vitesse d'apprentissage mais l'excitation retombant, j'ai commencé à me dire qu'après un si beau démarrage il méritait bien des vacances. Car après tout, il n'a que 3 ans et demi et sa carrière a commencé bien tôt à cause des courses. Quand a-t-il eu le temps de profiter de sa vie de jeune cheval ? Est-il pas trop jeune pour commencer pour de bon son apprentissage ? Et si c'était risquer de l'éprouver trop physiquement ? Sait-on jamais, s'il avait quelques faiblesses laissées par l'entrainement des courses ? 

Il est tellement génial ce cheval que je ne veux pas prendre le risque de casser sa bonne volonté. Décision prise, il aura un mois total de vacances qui me permettra également de réfléchir à la suite du programme sans plus m'emballer comme je l'ai fait. Car j'ai remarqué certaines choses - comme son incapacité à tenir arrêté en selle, le fait que je ne puisse pas manipuler les étriers ou ressangler sans l’inquiéter - qui me font dire que quelques étapes ont peut-être été sautées lors de son débourrage. Notre dernière séance montée aura été la première mauvaise avec un Easy qui refuse de s'incurver, de répondre aux jambes, lève un petit postérieur (notez la violence de poulain ahah) et ne pense qu'à trotter : j'y vois là le signe que la pause arrive à point nommé et qu'il faut revoir mon planning. Il a de l'énergie à revendre et à force de ne pas vouloir le brusquer, peut-être s'ennuie-t-il...? Réponse prochainement à tête reposée !


16 janv. 2018

Décider d'acheter un cheval : entre rêve et cauchemar.

Il y a trois mois, je vous annonçais que je suis devenue propriétaire. Dans un récit plein d'émotions, je vous partageais ma joie absolue qui semblait pouvoir durer indéfiniment. Mais pourtant, pour en arriver à cet océan de bonheur, tout n'a pas été rose. Car acheter un cheval, ce n'est pas seulement signer un chèque et se vautrer dans son allégresse. Je dirais même que la décision de devenir propriétaire à été une des pires à prendre de mon existence. Vous êtes prévenus. 



Étape 1 : la Désillusion


J’ai commencé à monter à poney pendant les vacances d'été de mes 5 ans. À 8 ans, mes parents m'inscrivaient en poney-club. À 20 ans, je prenais ma première DP avec mon salaire de job étudiant. Et pendant toutes ces années où ma passion est allée grandissante, je n’ai bien sûre rêvé que d’une seule chose : avoir mon propre cheval. Le Père Noël étant visiblement décidé à faire la sourde oreille et mes parents pas encore millionnaires, j'ai monté un plan très simple: faire de hautes études qui me permettraient de trouver rapidement un job qui en plus serait bien payé (longues études = prestige + haut salaire = pire mensonge de l'humanité vendu par l'Education Nationale). Tout cela ne demandait qu'un peu de patience (dit d'un air dégagé comme si ça avait été simple) mais dès que je signerai mon premier contrat de travail, je me mettrai à la recherche de mon cheval rien qu'à moi. Tout simplement. Ahah (vous sentez l'ironie dans ce rire ?).

Penser qu'acheter un cheval c'est simple, c'est à mourir de rire !
Moi en repensant à ma naïveté quand je croyais que tout serait si simple.

Bien des années plus tard, Master et quelques économies en poche, j'ai enfin décroché le saint Graal du CDI (ou presque, et je vous passe les détails de cette bataille là qui a aussi été éprouvante). Excitation intense, joie suprême, j'ai aussitôt commencé des calculs pour acheter ma perle rare… et j'ai déchanté aussi vite. Quand on a un loyer à payer et qu'on fini de s'installer, des animaux à charge, des projets de couple, un salaire de débutante et la malchance d’être cavalière en région parisienne (coucou les pensions à partir de 600€ par mois !), on se rend vite compte que caser un cheval dans son budget mensuel tient du miracle. Montagnes russes émotionnelles, j'ai traversé un gros moment de découragement et de déprime : tous ces efforts, toutes ces années d’attente, de privation, de travail pour se rendre compte que son rêve n’est toujours pas accessible, qu’au moment où on pensait enfin toucher au but, la ligne d’arrivée s’éloigne… C'est rude de se rendre compte que parfois, la volonté et le travail ne suffisent pas pour atteindre ses rêves et que la réalité de la vie courante et ses factures doivent passer en premier.



Étape 2 : le Désespoir


Je me suis donc pris une bonne claque par le retour à la réalité mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Etant une adepte des To Do List, des carnets de note et des tableurs, j'ai organisé les représailles sous forme d'un dossier d'étude de mon projet d'achat de cheval. Je n'allais pas abandonner sans étudier le sujet sous toutes ses coutures jusqu'à trouver une solution ! Il est très certainement imparfait mais il pourrait en inspirer certains et m'a bien aidé dans ma réflexion, alors je vous partage ce qu'il contenait:

  • Mes critères d'achat : afin de vérifier que le cheval dont je rêvais correspondait bien en réalité à mon niveau et mes envies équestres (on n'achète pas un sauteur pété de sang pour aller juste faire de la balade tranquille le dimanche, en général) et surtout déterminer son prix en comparant avec ce qui se vendait à ce moment-là.
  • Le coût d'un cheval à l'achat : en n'oubliant pas les petits frais annexes dont j'avais pris les tarifs approximatifs.
Tableau des dépenses à l'achat d'un cheval.
  • Le coût d'un cheval à l'entretien : en faisant une étude comparative des écuries de la région proposant la formule que je recherchais (pension pré/box ou pré intégral) pour avoir une fourchette de prix de TOUS les frais liés au cheval lissés mensuellement. Et en distinguant les dépenses minimales (c'est-à-dire incontournables comme l'hébergement et les soins) des dépenses variables (qui ne tombent pas tous les mois, qui peuvent être reportées ou supprimées) afin d'avoir une idée des frais qui tombent quoiqu'il arrive, même quand le mois est difficile (c'est cette somme là qu'il faut être sûr et certain de pouvoir sortir chaque mois).

Tableaux des dépenses mensuelles et à l'année pour l'entretien d'un cheval.

  • L'état de mon budget personnel : combien d'argent j'avais de côté et combien il me restait en fin de mois une fois toutes les factures payées. Le point le plus important du dossier car c'est ce budget qui déterminerait la faisabilité du projet et conditionnerait l'achat (prendre un PP ou un ONC, choisir l'écurie grand luxe ou le pré d'à côté...). C'est surtout à ce moment-là qu'on détermine si on préfère attendre encore un peu pour augmenter son budget et ne pas avoir à renoncer à ses ambitions: si on rêve de concours, mieux vaut patienter un peu pour s'acheter son cheval de Grand Prix et être de sortie tous les week-end plutôt que de s'acheter un ONC par impatience et se retrouver frustrée d'être coincé en concours Club. 
  • Le point sur tout le matériel dont je disposais : afin de prévoir les dépenses des mois suivants pour équiper ma nouvelle monture et inscrire ce budget dans l'argent à disposer avant achat (histoire de ne pas être prise de court et ne pas devoir laisser Pompom se les geler si enfaîte il n'avait pas besoin d'une mais de deux couvertures).
  • Les questions/problèmes que soulève l'achat d'un cheval : la pire partie de mon dossier. Le reste n'était qu'une affaire de calculs et de chiffres que l'on manipule. Là, on en venait au casse-tête des questions presque existentielles genre "tu préfères des dents en bois ou une jambe en mousse": comment faire si je dois le même mois emmener ma voiture au garage et payer le véto ? Comment je fais pour vivre ma passion à fond et en même temps me payer des vacances ? Comment j'explique à mon Chéri que je dois réduire ma participation financière à nos projets communs car je finance mon projet perso ? Est-ce que je suis prête à sacrifier mes autres loisirs pour me consacrer au cheval ?...

Arrivée à la fin de mon dossier, autant le dire, j'étais désespérée. Les chiffres semblaient astronomiques, mon budget ridicule et certaines questions ne trouvaient pas de réponse. Le seul avantage, c'est que je savais désormais à quoi m'attendre précisément. Mais comme les chiffres, on leur fait dire ce que l'on veut, j'ai filouté un peu pour pousser les murs : économiser encore quelques mois malgré l'impatience, être moins regardante sur la cagnotte de secours, revoir à la baisse mes critères et donc mon budget d'achat et grâce au ciel avoir LA proposition de pension dont je rêvais chez Coach... et le miracle se produisit: 8 mois après le début de tout ce projet, tout finissait par rentrer dans mon budget. Ça tenait au poil de fesse, c'était risqué... mais ça se tentait.



Étape 3 : la Peur


Je pensais que lorsque arriverait ce moment, je sauterais de joie, je pensais que je m’engouffrerais dans la moindre ouverture me permettant d'atteindre mon rêve... Mais là encore, non. Décidément, rien n'aura jamais été simple ou comme prévu dans cette aventure ! J'y étais, j'y étais enfin pour de bon, si je le voulais, je pouvais me lancer dans l'achat. Mais j'avais peur. Je me sentais comme au bord d'une falaise: après avoir couru si longtemps vers la sommet, après avoir eu tant envie de sauter, je restais là à tanguer au bord, n'osant plus faire ce dernier pas. Acheter mon cheval, c'était le projet qui avait guidé toute ma vie (choix de mes études, de mon lieu d’habitation...), un rêve tellement énorme que j'avais maintenant peur de le réaliser. Et puis c'était une telle responsabilité financière ! Et en terme de temps ! Est-ce qu'au final c'est ce que je voulais ? Est-ce que j'étais prête pour ça ? Et comment je choisirais mon futur cheval ? Comment je serais sûre que c'est le bon ? Et si ça se passait mal ? Et si je perdais mon job ? Et si, et si, et si ?

Vous l'avez compris: panique à bord, j'étais dépassée. Alors je me suis fixée début 2018 pour me lancer. Quelques mois d'attente en plus pour affirmer ma décision et économiser encore... et surtout me rassurer. Mais j'étais maintenant si proche de mon but que ça m'obsédait, pire: je m'en rendais malade. Je ne pensais plus qu'à ça, j'avançais puis reculais l'échéance sans cesse, incapable de me décider, noyée dans un torrent de sentiments contradictoires. Dans un tel état de stress, j'ai fini par demander conseil autour de moi, à Coach, mes parents, mon Chéri. Qui ont été unanimes: j'avais bien étudié la question, je m'étais préparée au pire, il n'y avait plus qu'un moyen de savoir si ça pouvait marcher. C'était de me lancer. Qu'est-ce que je risquais ? J'étais entourée et chaque problème qui pourrait se présenter serait traité l'un après l'autre, en temps et en heure. Rien ne sert de s’inquiéter d'avance et de chercher les conditions optimales: on a qu'une vie, il faut se lancer avant qu'il ne soit trop tard. Le moment idéal n'existe pas, c'est nous le choisissons. Des mots qui m'ont suffisamment tranquillisée pour que je me m'imagine à ce moment-là attendre sagement janvier 2018 comme je l'avais prévu, mais en réalité, la suite vous la connaissez...

Easy Money, trotteur français réformé des courses.
Easy qui se marre bien en sachant que j'ai fini par ne suivre aucun des plans établis...



Le dernier mot Jean-Pierre...


Bref, tout ce récit pour donner espoir à ceux qui sont dans la situation dans laquelle j'étais il y a encore pas si longtemps. Quand on attend ce jour béni où l'on deviendra propriétaire, le temps semble horriblement long, on a l'impression qu'on y arrivera jamais mais il ne faut pas renoncer ! Travail et patience finissent toujours par payer. Il y a eu des moments pas simples et j'aurais tellement souhaité l'avoir plus jeune, mais je suis désormais fière de m'être payée et d'assumer mon cheval totalement seule.

Cet article vaut aussi comme conseil et mise en garde: se lancer dans un achat n'est pas anodin, peut-être un parcours semé d’embûches plus pénible que joyeux, et il faut bien s'y préparer ! J'entends psychologiquement, matériellement et financièrement. Car même si je ne suis pas un exemple à suivre - car en lisant entre le lignes, vous comprendrez que je me suis lancée avec un budget restreint (d'où les sueurs froides et questionnements), sans vraie soupape de sécurité et en revoyant carrément mes critères d'achat à la baisse pour me lancer sans tarder - j'avais bien conscience d'où je mettais les pieds et des risques.

Fort heureusement jusqu'ici tout se passe bien, je vis comme avant et je dépense moins pour Easy que ce que j'avais calculé ! Comme quoi, rien ne servait de s'angoisser, si ce n'est qu'avoir envisagé le pire m'a évité de mauvaises surprises à l'arrivée. Quand bien même, je vous conseille de vous lancer avec plus de moyens que moi, je pense que ça permet de mieux vivre cette aventure, surtout si vous êtes beaucoup un peu stressés de nature comme moi. Enfin ce que je retiens au désormais, c'est que le cauchemar de l'achat a bel et bien laissé place au rêve d'avoir mon bel équidé à mes côtés.














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