16 mars 2015

Le poids du cavalier doit-il peser dans la balance ?

On parle beaucoup du surpoids chez les chevaux, de la prévention de l'obésité mais qu'en est-il du poids des cavaliers ? Sujet sensible par excellence que l'on a tacitement décidé d'éviter, il est néanmoins primordial quand on sait la fragilité du dos d'un cheval et l'impact que peut avoir une mauvaise position en selle... Impact démultiplié par le poids du cavalier. La question a donc tout lieu d'être posée. 





Seuls 5% des cavaliers auraient un poids optimum


Le point de départ de cette réflexion a été un article publié dans le Journal of Veterinary Behavior relayant les résultats d'une étude britannique qui indiquerait qu'un tiers des cavaliers seraient en surpoids pour les capacités de leur cheval, entraînant des risques pour leur santé physique !

Constat on ne peut plus alarmant, mais qui peut être nuancé par plusieurs éléments :

"Selon les auteurs de l'étude un ration poids du cavalier / poids du cheval de 10% serait optimum ; jusqu'à 15% le ratio serait considéré comme satisfaisant alors qu'au-delà de 20% le surpoids du cavalier aurait des conséquences néfastes pour la santé du cheval. Ainsi pour un cheval de 400 kg le poids du cavalier ne devrait pas dépasser 60 kg. De même pour un cheval de 500 kg le poids du cavalier ne devrait pas excéder 75 kg.

L'étude menée par le docteur Hayley Randle du Duchy College et publiée dans le dernier numéro du Journal of Veterinary Behaviour a porté sur 152 chevaux et leurs cavaliers adultes dans la région du Devon et de la Cornouaille. « Les gens ont tendance à penser qu'il n'y a pas de problème car les chevaux sont de si grands animaux que la question du poids du cavalier ne se poserait pas » déclare le Dr Hayley Randle « Mais l'impact sur la santé du cheval peut être assez important, assez rapidement »

Dans l'échantillon testé seul 5% des cavaliers avaient un poids optimum (ration de moins de 10%), 62% avaient un poids jugé entre optimum et satisfaisant, et 33% étaient en surpoids. « Les cavaliers semblent généralement en surpoids pour leur monture. C'est une conséquence je présume de l'augmentation généralisée du poids de la population. C'est une question de santé publique » indique le Dr Hayley Randle.

On peut reprocher à cette étude de ne pas tenir compte de l'âge du cheval, de sa conformation, de sa musculature, du travail demandé ni de la façon de le monter, tout autant de facteurs qui influent sur la capacité de l'animal à porter son cavalier sans dommage pour sa santé. Pour certains spécialistes la longueur du dos aurait ainsi une influence prépondérante : plus le dos est court, plus le cheval peut porter lourd et longtemps. De même l'état des reins serait un critère déterminant : plus la zone est large et musclée, plus il peut porter de charge sans fatigue.

Keith Chandler, le président de la British Equine Veterinary Association, estime que beaucoup de problèmes de santé comme les boiteries et les douleurs dorsales sont causées par « les mauvais cavaliers montés sur les mauvais chevaux ». Pour lui il doit y avoir une prise de conscience que certains cavaliers de fort gabarit devraient monter des chevaux plus puissants. Comme il est difficile de fixer un seuil acceptable par avance il est nécessaire de surveiller l'état de sa monture et de se poser la question de son propre (sur)poids."

Le cheval doit être adapté au poids de son cavalier. Que faire d'un cavalier obèse ?
L'adaptation du cavalier à son cheval, c'est aussi une histoire de poids - Crédit: Thelwell



Imposer un poids maximal aux cavaliers ? Une fausse solution


Les résultats de cette enquête laissent assez perplexe: si l'on regarde autour de nous, beaucoup de cavaliers seraient alors trop lourds pour leur chevaux, et encore plus pour leurs poneys si on garde ce "ratio satisfaisant" de 15% : le cavalier d'un poney de 300 kg ne devrait pas dépasser les 45 kg ! Quid des ados et des adultes à poney qui pèsent plus facilement dans les 50-60 kg ?

Sans aller jusqu'à respecter cette règle des 15%, certains professionnels se montrent assez préoccupés par cette problématique et vont dans son sens. Ainsi, à la finale nationale jeune poney en Allemagne, le poids des cavaliers est limité à 71 kg avec leur selle. Et certains clubs en France affichent dans leur règlement un poids maximal pour pouvoir monter à cheval

Pour autant, faut-il les blâmer ? Entre vouloir préserver sa monture et faire du "racisme anti-gros", il n'y a malheureusement qu'un pas. Refuser une jeune cavalière en surpoids qui va finalement peser autant qu'un cavalier adulte (un homme adulte peut facilement atteindre 80 kg), c'est une forme d'exclusion blessante et injustifiée. Accepter un cavalier en surpoids alors qu'on n'a pas de monture adaptée et lui faire faire le même travail que tout le monde sous prétexte de ménager sa sensibilité, c'est ne pas respecter l'intégrité du cheval et le mettre en danger.

Car le problème est bien souvent là : les clubs n'ont pas toujours une cavalerie adaptée aux personnes au poids élevé ou en surpoids (je distingue les deux car on peut peser lourd sans être obèse, il suffit par exemple d'être grand, et les grands aussi n'ont pas toujours de chevaux à leur taille...). Le refus de prendre en cours un cavalier lourd n'est donc pas forcément de la mauvaise volonté ou du racisme, mais juste du bon sens et une prise en compte de la réalité du terrain. Le poids est un paramètre dont il faut tenir compte et qui conditionne la monte, mais fort heureusement les personnes pesant plus de 75 kg (pour reprendre le Dr Randle) ne sont pas condamnées à rester à pied. Ce qu'il manque aux clubs pour les cavaliers au poids conséquent est :
  • Une cavalerie comportant des chevaux bien charpentés, bien musclés et au dos et aux reins solides. Il ne faut pas se contenter de sélectionner des chevaux réputés "porteurs" : bien des frisons présentent un défaut de rein long et faible qui les rend peu disposés à porter de lourdes charges. Mais il faudrait aussi mettre fin à l'exclusion des chevaux type demi-traits qui seraient adaptés à cet exercice, et à bien d'autres encore.
  • Un enseignement rigoureux pour apprendre à se faire léger et actif en selle. La différence entre un poids mort et un poids qui se porte est énorme ! Un débutant de 50 kg fait bien plus de dégâts en rebondissant sur le dos de son cheval qu'une cavalière de 85 kg qui épouse les allures avec souplesse. En plus de cela, il est possible de choisir sa discipline suivant son physique et ses capacités propres.



Le dernier mot Jean-Pierre...


L'importance du poids du cavalier n'est donc pas à minimiser. Plutôt que de vouloir à tout prix éviter le sujet, il faudrait communiquer dessus afin de trouver de vraies solutions et faire avancer les choses; avoir un cheptel adapté à tous dans les clubs, orienter les cavaliers vers les disciplines les plus adaptées à leur physique et leurs capacités, enseigner de façon rigoureuse la notion de légèreté en selle. Dans ces conditions, l'équitation est praticable par tous dans le respect de l'art. Mais en attendant, combien de chevaux souffrent du dos, présentent des allures étriquées, une sur-tension des articulations à cause de l'aveuglement dont on fait preuve à ce sujet ?

Cette réflexion soulève également deux autres questions:
  • Qu'en est-il du poids du cavalier de haut niveau ? Les poneys de sport n'auraient-ils pas de meilleurs résultats si on privilégiait en pilotes des enfants au lieu de vouloir y mettre des adultes pour de meilleurs résultats ? Si on imposait aux cavaliers de saut et de cross un poids comme pour les jockeys, les résultats sportifs seraient-ils meilleurs ?
  • Le cavalier ne serait-il pas un mauvais sportif qui se laisse aller à un poids trop important ou même au surpoids sous prétexte que l'attention est fixée sur le cheval ? Pourquoi sommes-nous les seuls sportifs à ne pas s'étirer avant une séance, à ne pas s’entraîner avant de vouloir entraîner nos chevaux...? N'est-il pas de notre devoir de nous maintenir en bonne condition physique par respect pour notre monture et pour lui faciliter son travail ?

La réflexion reste ouverte...














.............................................A lire aussi sur le blog..............................................

17 commentaires:

  1. La masse du cavalier pose moins de souci que sa façon de monter. Un cavalier tonique, avec une bonne assiette et une main légère, même si elle est plus lourd sur la balance, pèsera moins sur le cheval qu'un poid plume qui rebondit et s'accroche au rênes ou bien contraint fort le cheval.

    En tant qu'ATE ne mettant à cheval quasiment que du client de passage non-cavaliers, je sais d'expérience qu'il est difficle de refuser quelqu'un qui vient en famille parce qu'il sera trop lourd. C'est à nous, professionnels, d'avoir au moins un cheval qui pourra porter sans plus d'efforts que ses camarades moins costauds un tel cavalier.
    D'autre part, je pense que très peu de centre équestre ont des clients dont le poids est réllement un handicap pour monter à cheval et présente une trop grosse difficulté pour le cheval. Surtout parce que la plupart de ces personnes souffrent de problèmes articulaires, de dos qui vont empêcher la pratique de l'équitation ou plus généralement d'autre problème qui vont empêcher le sport en général. De mon expérience d'ATE et de monitrice en club, je pense que la moyenne de poids des cavaliers adultes que j'ai vu passer doit se situer à 85-95 kgs chez les hommes, et 60 à 75 kilos chez les femmes. Et jamais je n'ai vu mes chevaux forcer à cause du poids, et certains dépassent la vingtaine en pleine forme, sans jamais présenter de gros soucis osthéo. Et pourtant, ils ont plus souvent des cavaliers à l'équitation lourde de débutant, que des cavaliers se faisant oublier...

    Pour la question du haut niveau/concours... Tristant Gratient, plusieurs fois champion de France et du monde de TREC est loin d'être un poid plume. Certes son cheval est un grand SF bien costaud, mais Tristant est un grand et large gabarit qui doit facilement atteindre les 100 kgs voir plus. Je connais également un cavalier qui fait du CCE catégorie amateur, sur son SF, le monsieur est ceinture noir de judo, fait 1,90cm et bien costaud. Il doit avoisiner les 100 kgs également. Le cheval n'a aucun problème. Alors certes, on ne va pas mettre un cavalier de ce gabarit sur un pur sang arabe, mais avec un cheval costaud et porteur, des résultats à haut niveaux sont possibles et même réguliers, tout en respectant l'intégrité du cheval !

    Dernière petite remarque : Les poids limites que tu cites... Chez les hommes, on les atteind très très vite, sans pour autant être obèse. Un homme grand et un peu musclé atteindra facilement les 90-95 kilos. ;)

    En conclusion, je suis moi-même grande et costaud sans être grosse, j'ai longtemps complexé sur le poids que je pouvais repreésenter pour les chevaux, notamment en débutant, puis en en faisant mon métier, j'ai eu à monter tous tailles et gabarit, du shetland au cheval de trait, et je peux t'assurer que mon poid d'adulte n'empèchait aucunement les shetlands récalcitrant de galoper pleine balle ou de lever les fesses pour essayer de me virer, lors de séances de remise des pendules à l'heure", et à la descente de selle, point de sueur, ponit de signe de fatigue physique... Pour les gabarits classiques de chevaux de selle, avec une assiette souple, en étant tonique et avec une main légère, je n'ai jamais eu de souci et les chevaux non plus. Et pourtant, j'ai eu peser 80 kilos sur des petits D ou type pur-sang arabe.
    J'ai vu par ailleurs une cavalière poid plume et petite, 60-65 kilos maxi, faisant se retourner et coucher un gros cheval allemand car la main très très dure. Comme quoi...
    Ne faisons pas de racisme anti-gros et regardons d'abord la façon de monter du cavalier !

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  2. je fais 90kg. Je monte depuis l'age de 7ans, je suis galop 7 (etrier d'argent à l'epoque) et j'ai eu jusqu'à 3 chevaux en même temps. je faisais 60kg.Mais ça, c'était avant! puis j'ai eu un enfant, j'ai pris 30 kgs, je n'arrive pas à les perdre ...alors? j'arrete le cheval? non, je suis bonne cavalière, je suis grande et musclée ... et enrobée quand même, mais je me fais plaisir, je viens d'acheter un petit cheval type Frison de 1.62, 450kg, tout jeune encore, et on randonne. Je sais descendre quand il le faut, faire un bout de chemin à pieds à ses cotés, le ménager et être son écoute. 10kg de moins ça serait bien (pour nous 2) mais en attendant le plaisir et quand même là et ça c'est cool.

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  3. Je pense que c'est plus la façon de monté qui créera des problémes ostéo que quelqu'un en surpoids ! Après les personnes obèses c'est différent leurs poids est déjà difficile pour eux et si il ne savent pas monté à cheval, il leur faut une monture robuste et musclé ! Enfin c'est un sujet épineux puisque je suis une cavalière en surpoids, je reste motivé pour perdre du poids mais surtous de rester légère pour mon cheval ;)

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    1. Oui c'est sûre que la façon de monter influe énormément, mais un poids reste un poids et à monte égale, une personne plus lourde fera plus de dégâts en cas de faute... Du coup, malgré que ce soit un sujet sensible, il faudrait vraiment en parler plus pour que plus de solutions soient proposées et les abus/discriminations évitées.

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    2. Cheval d'Azergues19 janvier 2016 à 18:53

      je suis ATE également et je suis complètement d'accord avec la 1ère réponse mais elle date de 2013 et depuis les clients ont grossi. j'ai eu cet été environ 4 personnes dépassant les 100 kg (1 atteignant les 140) sans être sportives et elles ne voient pas pourquoi elles ne ferait pas du cheval bien sur.
      Donc, en effet on a 2 solutions : soit on limite (reviens dans -30 ..kg ) et c'est vu comme discriminatoire soit on trouve des chevaux aux reins solides ... et au train ou ça va on aura bientôt plus que des cavaleries de percherons ! Il y a aussi une 3eme solution plus sadique : c'est "si t'arrive à monter, tu montes !" mais ça va encore faire couler de l'encre ... bref en tant que professionnels on est assez démunis et désemparés. Je suis venue consulter le net car je ne sais pas trop quoi mettre dans mon règlement intérieur sur le sujet ; je ne souhaite pas être discriminante mais le problème est aujourd'hui bien réel ...

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    3. C'est sûre que je suis bien contente de ne pas être à votre place, le poids est toujours un sujet sensible...

      Comme dit dans l'article, certains clubs affichent dans leur règlement un poids maximal pour pouvoir monter à cheval. C'est cash, mais il y a un moment où je pense qu'il n'y a pas d'autre solution si on veut préserver les chevaux. Parce que les gens peuvent bien crier à la discrimination, et si on criait à la maltraitance animale ?...

      Je pense que la seule solution est de faire de la pédagogie en expliquant que le cheval malgré sa carrure ne peut porter qu'un poids limité, expliquer les conséquences pour lui à court et long terme s'il va au-delà de ses capacités ect et aussi rappeler que l'équitation est un sport au même titre qu'un autre et qu'il exige donc une bonne condition physique (ces personnes iraient-elles faire de l'accrobranche pendant leurs vacances ?) ! Je pense qu'il faut autant voire même plus insister sur ce dernier point que sur ce que le cheval peut porter. Si tout cela est expliqué de manière claire et respectueuse, je ne vois pas ce qu'on pourrait trouver à y redire. Que les gens soient vexés ou contestent, ça les regarde après...

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  4. Une éternelle problématique ! Comme tu dis, il n'y a qu'un pas entre "attention aux poneys" et "anti-gros à cheval"... On peut être de très bonne volonté et passer pour le roi des cons, dans les deux sens ! Je pense que le CE devraient avoir une cavalerie adaptée à tout type de morphologie, mais de là à ce que ça se fasse....

    Dans mon cas, je suis un poids plume et mon cheval est robuste bien comme il faut ! Pour nous, aucun soucis ! :D

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    1. Ah on pourrait étudier le cas inverse: les cavalières trop petites et trop fines sur des chevaux trop puissants (ou les gamines qu'on met à cheval avec les pieds qui dépassent à peine des quartiers) et les risques que cela peut représenter... :p

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  5. Enfin un article qui brise le tabou !!!
    Je me souviens d'avoir été agréablement surprise, quand je me suis rendue chez une copine allemande, qu'elle me demande mon poids, car elle avait demandé à son véto, lors de la visite d'achat, quel poids pouvaient porter ses deux ponettes au travail. (j'insiste sur le AU TRAVAIL, pour faire un tour de 15min au pas, j'estime que c'est moins important). Bon ok, si je n'avais pas été dans cette limite fixée par la vétérinaire, je l'aurais peut-être mal pris, mais bon... J'ai trouvé que c'était une bonne initiative.
    Aujourd'hui, en lisant ton article, même si je sais que je ne suis pas trop lourde pour "mon" cheval, j'avoue que je stresse un peu... prise de conscience oblige, je vais essayer de m'entretenir avant de vouloir entretenir mon gros poney !
    Merci, encore une fois, de m'avoir menée à une réflexion utile, mais surtout, MERCI d'être passée au delà du politiquement correct !!!

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    1. Effectivement, c'est toujours plus facile de donner un avis tranché et d'en parler quand on est pas concerné... J'aurais peut-être pas écrit non plus l'article de la même manière si je pesais 20 kg en plus.

      Mais bon, la santé de nos chevaux passe avant notre ego et le politiquement correct ! Et c'est une vraie question de fond pour ce qui est des disciplines pratiquées à haut niveau !

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  6. Article qui me fais bien rire une pure connerie... Une personne en surpoids peut être bien plus légèrete que une personne mince vos preguje.... Laisser moi rire.... Et une personne mince qui monte en tape cul ont en parle du dos du cheval ?! Bref remetez vous en question sous prétexte que ont est gros que ont fais pas du 36ont ne peux pas monter la bonne blague de telles article ne devrais pas êtres écrit ! Car c'est de la discrumition pur et dure !

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  7. J'adore les réponses agressives, tout particulièrement quand elles ne sont pas signées. ça donne tellement envie de discuter, alors que justement, ce blog est un blog de réflexion et que je suis toujours prête à revoir mon jugement. Bref.

    Déjà, avant de critiquer, ce serait bien de lire l'article autrement qu'en diagonale. Je conteste justement les résultats de l'étude disant qu'un cavalier ne peut pas peser plus de 75 kg (en gros [sans mauvais jeu de mot]), je dis qu'il ne faut pas faire de discrimination et que "un débutant de 50 kg fait bien plus de dégâts en rebondissant sur le dos de son cheval qu'une cavalière de 85 kg qui épouse les allures de son cheval avec souplesse". Oh ! Tiens donc, ne serait-ce pas la même chose que vous écrivez dans votre commentaire ?

    Quant aux préjugés... Est-ce qu'on parle de la manière dont vous vous voilez la face ? 80 kg souples, légers en selle feront moins de dégâts qu'un débutant de 50 kg, oui, mais 80 kg ça reste 80 kg. Y a pas à tortiller du cul, si vous pesez 130 kg, vous pouvez monter comme vous voulez, ça reste 130 kg à porter pour le cheval et c'est trop pour faire de l'équitation. Je sais que c'est difficile à entendre, mais il y a un moment où le respect de l'intégrité physique du cheval est plus important que le politiquement correct et l'égoïsme de vouloir monter à tout prix.

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    1. Réponse parfaite, mais vous ne devriez pas vous donner autant de peine pour quelqu'un qui, au fond, s'est senti(e) blesse(e) car il ne s'agit rien d'autre que d'une vérité.

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  8. Je suis bien heureuse de lire votre article car un débat avait éclaté sur les réseaux sociaux à ce sujet. Je me suis d'ailleurs fait insultée car certaines personnes trouvaient ce genre de pensée choquante! Donc effectivement, entre se soucier de sa monture et faire du racisme "anti-gros" il n'y a qu'un pas. Je pense qu'il faut faire passer avant tout autre chose le bien-être du cheval avant son propre plaisir, ce qui serait égoïste...Certaines personnes obèses sautent avec leur cheval, pensons quand-même à l'effort qu'il doit faire pour se soulever lui-même du sol avec ce poids en +, et à la réception... C'est tout de même logique que ce ne soit pas l'idéal...

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    1. Je comprend tout à fait que les personnes concernées par ce sujet aient des réactions vives, c'est difficile d'entendre qu'on a peut-être pas la condition physique pour monter à cheval dans les meilleures conditions (meilleures pour le cheval) et de se dire que potentiellement, on peut user son cheval plus vite. Et vu que le surpoids est très souvent un complexe, la situation s'envenime très vite et même les personnes qui ne sont pas concernées (si vous êtes en surpoids mais que vous pesez 70kg pour 1m40, c'est un poids qui est dans la norme pour les chevaux) se sentent visées. Ce n'est pas le surpoids qui est visé dans cet article, mais juste le poids. Il n'y a pas de discrimination envers les personnes obèses, il suffit de faire 1m90 et une centaine de kilos et voilà vous êtes concerné, sans pour autant être en surpoids.

      C'est un sujet délicat à traiter mais ça ne veut pas dire qu'il faut détourner les yeux. Il y a des solutions comme je le dis dans l'article (monture et équitation adaptée) et c'est notre responsabilité de cavaliers d'être toujours conscient de l'impact que nous avons sur nos chevaux qui n'ont rien demandé (que ce soit au niveau de nos méthodes de travail, conditions de vie que nous offrons, notre monte...). Bref, ça a pas fini de faire polémique...

      Mais ça pose aussi la question de: si l'équitation est un sport, les cavaliers ne devraient-ils pas être des athlètes avec une condition physique au top ?

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  9. Bonjour,

    Notre société accepte mal les personnes en surpoids, les personnes minces se permettent de les critiquer mais quelle est la norme acceptable? Peut-on refuser de laisser monter une cavalière trop mince? J'essaie de respecter le dos de mon cheval en lui donnant une selle adaptée, en le montrant régulièrement à l'osthéo, en le musclant. Je pousse le vis en faisant entretenir sa dentition, sans oublier parc et copains. Suis-je un mauvais maître à cause de mon surpoids? Apprendre à être léger en selle est une base, mais cela ne doit pas empêcher de continuer dans cette logique basique et penser au bien être global du cheval (selle et mors adaptés, environnement adéquat, sans oublier bannir les muserolles trop serrées et le "si beau" rollkür) et j'en passe, pour ma part à 26 ans mon petit arabe est toujours en pleine forme et lors de son achat le marchand était plus occupé à compter les billets que mes kilos... Chamarel

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    1. Bonjour,

      Cet article est écrit en mon nom et personnellement, je me fiche de ce que la société pense. Trop gros ou trop maigre, même combat pour moi: ce n'est pas bon pour la santé et ce n'est pas l'idéal.

      Après dans le cas particulier du cheval, je suis désolé mais c'est mathématique: plus on est lourd, plus il a d'efforts à fournir pour porter, plus il a de risques de se blesser. Ressasser éternellement le même refrain anti-minces ne change rien (d'ailleurs enfoncer le voisin pour se valoriser n'a jamais été une bonne méthode). C'est ainsi, c'est injuste mais à niveau égal, une personne mince risque moins de gêner son cheval.

      Ensuite, je n'ai jamais dit que les cavaliers en surpoids étaient de mauvais cavaliers/maîtres: simplement qu'ils faut qu'ils choisissent plus soigneusement leur monture et soit plus attentifs à leur monte. Encore heureux que parmi eux il y ait d'excellents cavaliers et de vrais passionnés qui chouchoutent leurs chevaux ! D'ailleurs "surpoids" ne définit pas le cavalier, c'est juste une caractéristique parmi d'autres mais qu'il ne faut pas négliger.

      Enfin, tant que vous vous épanouissez et que votre cheval est en bonne santé (ce qui veut dire qu'il est adapté à votre morphologie et vos objectifs équestres), quelque que soit votre poids, comme cela semble être votre cas, eh bien tout est parfait :)

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