2 févr. 2015

La trousse à pharmacie du cavalier.

Avoir un cheval est une grosse responsabilité qui implique une certaine dose de prévoyance. C'est pourquoi il est indispensable d'avoir toujours à portée de main une trousse de premiers secours, les blessures chez les chevaux pouvant se faire très vite et proportionnellement à leur taille. 


La gestion de la boite à pharmacie


Le premier point à se rappeler en faisant sa trousse à pharmacie est qu'elle sert en cas d'urgence et de premiers secours. Le but n'est pas de remplacer le vétérinaire ou de vouloir égaler son attirail car, bien sûr, il nous manque le diagnostic et le savoir-faire. De plus, il n'est pas bon de collectionner les produits puisqu'il y a de fortes chance qu'on oublie l'usage de certains et qu'on finisse par mettre 3 heures à trouver une simple lingette au milieu de notre collection.

La boite de rangement utilisée pour la pharmacie doit être hermétique et rangée dans un endroit sec à l'abri du soleil et de la chaleur. De même, il est préférable quand c'est possible d'acheter ses produits en uni-dose, comme pour le sérum physiologique. Il est plus facile de les garder de cette manière car beaucoup de produits une fois ouverts ne doivent pas être conservés au-delà de 15 jours (pensez d'ailleurs toujours à vérifier si votre produit n'est pas périmé avant de l'utiliser).



Contenu de la trousse de soins


- Des ciseaux: pour couper les bandages, ouvrir un sachet, couper des crins gênants, une paire de ciseaux sert toujours.
- Des rasoirs jetables: très utiles pour dégager une petite zone à traiter ou à examiner ou pour se débarrasser d’œufs de mouches.
- Une pince à épiler: une saleté coincée quelque part, une écharde fichée dans votre doigt (et oui, ça arrive plus facilement quand on pratique un sport d'extérieur), une compresse pleine de produit à manipuler, et la pince à épiler est là !
- Un thermomètre: comme pour les humains, il est toujours bon de vérifier la température en cas de coup de mou, celle des chevaux se trouvant normalement aux alentours des 37,5° - 37,8° (le mieux est de prendre la température de votre cheval un jour où il va bien afin d'avoir un repère).
- Des gants chirurgicaux: on a rarement les mains propres dans une écurie et pour éviter la propagation de microbes, une paire de gant est toujours la bienvenue lors de manipulations délicates.
- De l'alcool à 90°: à utiliser uniquement pour désinfecter le matériel et non pour désinfecter une blessure ! L'alcool est trop agressif et brûle les chaires.
- Des compresses stériles: mieux que le coton pour nettoyer une plaie car elles ne perdent pas de fibres et sont conservées sous vide.
- Des bandes et du sparadrap: pour faire un pansement, en plus des compresses.
- Du sérum physiologique: non agressif, il est parfait pour tout, pour nettoyer partiellement une petite plaie, une poussière dans l’œil ou tout autre endroit sensible.
- Du désinfectant: style bétadine, biseptine, septivon, cothivet, à vous de voir ce que vous avez sous la main, ce que vous connaissez ou ce que votre vétérinaire vous conseille.
- Du cicatrisant: à mettre après la désinfection, du genre cycatril, nacricare lésion, crinequin (qui sert aussi à faire repousser le poil donc pas mal pour les frottements et pour éviter que le poil repousse blanc).
- Du gel à l'arnica: aussi utile pour les humains que pour les chevaux, c'est la pommade par excellence à mettre après un choc ou lorsqu'on souffre de courbatures.
- De l'argile: verte le plus souvent, elle a la propriété lorsqu'elle est posée en cataplasme de refroidir, drainer et soulager les articulations et les muscles (tendons, boulets, jarrets). A utiliser après une séance sportive ou contraignante.
- Des produits anti-insectes: comme l'émouchine, indispensable l'été pour ne pas virer fou ou risquer un cheval qui se retourne!

Trousse des premiers secours des cavaliers: nacricare, crinequin...
Une boite à pharmacie solide et hermétique - Crédit: maginea.com

Peut être ajouté pour les plus aguerris :
- Une pince à tique: utile surtout pour les chevaux souvent en extérieur. Les tiques sont plus nocifs qu'ils en ont l'air et doivent être retirés - tête obligatoirement comprise ! - avec précaution. On désinfecte après.
- Une seringue: qu'on utilise uniquement si on sait s'en servir et après avis vétérinaire. Mais cela peut être utile d'en avoir déjà une en stock en cas d'urgence. 
- Du calmagine: c'est le produit qu'on injecte en cas de colique. Cela peut être bon d'en avoir sous la main si le véto ne peut pas se déplacer en urgence. MAIS on ne l'utilise qu'après lui avoir téléphoné et lui avoir demandé son avis et la dose à injecter. La piqûre doit être fait par quelqu'un qui en a l'habitude.
- De l'equipalazon: c'est un anti-inflammatoire mais comme le calmagine, il ne doit pas être donné à la légère ! Ce sont des produits à utiliser sur avis vétérinaire et/ou si le vétérinaire en personne ne peut pas se déplacer.


Le petit plus:
- Des pansements pour le cavalier, parce que même sur deux jambes on est pas à l'abri d'un bobo.
- Une éponge propre et une serviette: ça peut toujours servir... (gros nettoyage, séchage du poil avant soin, séchage des membres atteints de gale de boue)
- La botte secrète: le miel ! Il a des vertus cicatrisantes très puissantes, protège des microbes extérieurs et des insectes grâce à sa texture épaisse et n'est pas nocif pour le cheval en cas d'ingestion. On peut en user et en abuser sur n'importe quelle plaie et même s'offrir une petite cuillère pour nous en hiver! Elle est pas belle la vie?



Le dernier mot Jean-Pierre...


Vous voilà donc paré pour l'essentiel. Votre pharmacie s'agrandira au fur et à mesure de vos prescriptions et selon les besoins spécifiques de votre cheval. Personne n'a la même trousse, chacun à ses petites astuces et ses produits fétiches mais l'important est d'utiliser des produits de base (sans ordonnances et pas trop agressifs) et à propos, n'oubliez jamais qu'aucun geste n'est sans conséquence. En cas de doute et pour le reste, laissez faire votre vétérinaire !














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8 commentaires:

  1. En cherchant la petite bête^^, je conseillerais aussi d'avoir tout de même du coton, en cas de grosses plaies profondes et saignant beaucoup, pour faire un pansement compressif (épaisseur de coton entre deux bandes de gaz) en attendant le véto. Heureusement, ça arrive très rarement, c'est quasiment anecdotique, mais quand ça arrive, on est content de l'avoir !
    Le coton qui nous servira aussi pour désinfecter à l'alcool les instruments ou la zone à piquer en cas d'injection.
    Et d'ailleurs, les aiguilles couramment utilisée, notamment en intra-musculaire, sont les roses. Evidemment, à utiliser de façon éclairé, on fait souvent plus de mal que de bien à jouer à l'apprenti véto.
    La seringue (pas trop petite !) servira toujours, même si on ne sait pas faire d'injection : pour administrer un produit directement dans la bouche, ou désinfecter une plaie un peu profonde
    *Le Synthol liquide (ou en gel, mais le liquide pénètre mieux) est aussi très pratique en cas de gonfle, coup, ou pour les courbatures.
    *Le V-trap (bande auto-agrippante, "scratch") est très pratique pour un cataplasme ou un pansement temporaire et les bandes autocollante pour les pansements "permanent", comme par exemple une grosse plaie au genou ou autre... Ca résiste au pré.
    *Aspirine en poudre pour éviter les courbatures au retour d'une longue randonnées, ou après un effort violent, comme un gros concours.
    La liste est longue !
    * Toujours indispensable pour un randonneur : le talc. Cela absorbe la sueur, assouplit la peau et évite donc les blessures que j'appelle "de long cours" à la sangle qui sont liées à une macération de la sueur sur la sangle, et qui attaque la peau.
    * Ma crème cicatrisante/désinfectante/protectrice, miracle, après en avoir essayer plein au cours de saisons avec un piquet limité de chevaux (ce qui implique malheureusement qu'un cheval blessé doit guérir vite...), c'est le Cicabom. C'est noir, ça pue, mais une petite pastille à vif à la sangle cicatrise parfaitement en moins de deux jours.
    *Eau de Javel pour les éventuels abcès au pied et désinfecter ses brosses (bien rincer !), et spray Négérol pour les fourchettes pourries (plus prudent que le goudron pour moi, même si c'est moins efficace, l'idéal étant de les combiner, car assèche tout en laissant respirer)

    A proscrire à tout prix : la spray alu. Certes il protège la plaie, mais l'empèche du même coup de respirer, emprisonnant les microbes dedans.
    A utiliser avec parcimonie : le Négérol sur les plaies. Ca se fait pas mal où je bossais avant, car c'est un désinfectant fongicide, mais à force, cela ne marche moins, car l'organisme du cheval y développe des défenses. A utiliser pour les plaies très sales ou à risque d'infection.

    Et je m'arrête là, car on pourrait rajouter tant de choses ! C'est sans fin, car avec l'expérience et le métier, on accumule plein de petits trucs et astuces, et produits miracles !

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  2. Wouah, merci pour le commentaire détaillé et la description des produits! En cherchant sur le net, j'ai vu qu'il n'y a pas 2 personnes qui conseillent le même produit, chacun a ses propres références, c'est assez casse-tête!

    Pour le pansement compressif, c'est toujours bon à savoir! Mais ça marche pas avec une compresse mise en boule entre deux bandes?

    Pour le talc, j'y aurais pas pensé mais c'est top comme astuce, surtout en ce moment avec les températures qui font vite transpirer au passage de sangle. Tu en met avant de partir et zou?

    L'eau de javel, ça me laisse toujours sceptique et je suis pas la seule... C'est quand même un produit assez "décapant" alors oui c'est radical, mais c'est bien chimique et ça m'embête de mettre un produit aussi puissant sur une plaie :/

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    1. Une bonne alternative à l'eau de javel c'est le Dakin qu'on trouve en pharmacie, c'est un antiseptique qui a aussi l'effet astringent de l'eau de javel. Perso je l'utilise quand ma jument a de la gâle de boue, j'imbibe le coton, pose des bandes de repos et laisse la nuit.
      Parce que c'est vrai que les bains d'eau de javel c'est un peu dur !!

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    2. Merci pour l'astuce !
      Je connaissais le Dakin pour soigner les panaris chez les humains, j'y aurais pas penser pour une gale de boue par exemple...?

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  3. L'eau de Javel, c'est, et je me suis un peu trompée en écrivant vite, pour désinfecter les fourmilières. C'est une très bonne maréchale, très respectueuse de l'intégrité de ses "patients", qui me l'a conseillé et re-conseillé. C'est moins agressif que le Negerol ou autres, par exemple, contrairement à ce que l'on croit. Mais c'est assez costaud, il faut, parce qu'un pied, c'est vraiment un nid à microbes !


    Le talc, oui, on le met sur la sangle, et zou !^^ Evidemment, à la fin de l'étape, on nettoie bien sa sangle, et re-belote le lendemain. C'est très utile si l'on utilise une sangle en néoprène, certains chevaux tolérant mal cette matière (matière plastique = macération et chaleur puissance 10 mille), rien ne vaut une sangle en (bon ) cuir ou, malgré les apparence, une en corde (aucun risque de pincement, malgré les apparence, j'ai fait 4 saisons avec, les seuls chevaux jamais blessés étaient ceux en sangle corde). Dixit des pros de western et de randos.

    Le coton absorbe beaucoup plus que les compresses est coute bien moins cher. Là, je parlais du cas heureusement rare d'une plaie saignant fort. L'essentiel étant d'absorber le sang qui coule pour stopper l'hémorragie. D'où l'intérêt de ne pas jongler avec des changement de pansement quand la matière est saturée.

    Hé oui, chacun à son "produit miracle", n'oublions pas les remèdes de grand-mère, pas trop pratique à utiliser des fois, mais diablement efficace souvent. A chacun de trouver le produit qui marche et qui convient !

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  4. Bien utile cette liste, il faut juste que je pense à venir la rechercher le jour où j'achète mon cheval!

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  5. Enfin une liste de pharmacie complète et détaillée (article et commentaires compris) !!

    Je partagerai bien votre liste sur mon blog en vous citant bien sur si vous me le permettez.

    Je me permet de partager ma recette de grand mère et mon astuce pratique. J'utilisais aussi du miel sur les chevaux de mon employeur, mais pour que ce soit plus facile d'utilisation, j'utilisais un pot de miel liquide avec un bouchon doseur à visse dans lequel j'ajoutais de la Bétadine qui éloigne les mouches durant l'été et évite (normalement) au miel de figer. Une fois que la plaie avait un peu séchée je passais de la vaseline tous les jours dessus pour éviter la formation d'une vilaine cicatrice.

    De toute façon, chaque cavalier doit trouver ce qui est le plus pratique et ce qui lui semble être le plus efficace pour son cheval, ce qui convient à l'un ne conviendra peut être pas à l'autre.

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    1. Merci pour les compliments et merci beaucoup pour l'astuce ! Je garde ça dans un coin de ma tête.

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