30 déc. 2014

Un petit pas pour l'homme, un grand pré pour les chevaux: le Paddock Paradise !

Quel plaisir de lire les propos tenus dans le génial "Communiquer avec son cheval" de Véronique de St Vaulry à propos de la compatibilité entre le bien-être du cheval et une vie en box. Une véritable prise de conscience des effets néfastes du box semble avoir lieu, avec pour conséquence l’émergence en France d'un concept américain révolutionnaire; le paddock paradise.


La remise en cause des box comme dénaturalisation des équidés


Cette invention date de 2006 mais commence seulement à se pratiquer timidement chez nous. Pourquoi? Car il n'est pas facile de remettre en cause un système utilisé depuis des siècles et tellement pratique. Le box, c'est le cheval à portée de main, sous surveillance, sans se salir ou se fatiguer. C'est aussi un gain de place et de temps dans l'entretien des chevaux et, comme on le sait, le temps c'est de l'argent. Il y a donc énormément de facteurs expliquant qu'encore aujourd'hui, nombre d'écuries préfèrent/ne peuvent faire autrement que de garder leur cavalerie entre 4 murs.

Pour autant, s'il y a bien une chose que nous, cavaliers, ne devrions jamais oublier avant de prendre une décision concernant le milieu de vie de notre compagnon, c'est bien que le cheval est un animal herbivore, grégaire et qui a besoin de se déplacer tout au long de la journée. A l'état naturel, nos équidés marchent en moyenne 17 km par jour, broutent 12 heures et se rassurent et évoluent grâce au contact physique avec leurs congénères. Dans nos prés plats et carrés, ils piétinent seulement 1 petit kilomètre par jour, mais ont au moins le loisir de se remplir l'estomac en continu (chose qui leur est nécessaire physiquement, rappelons-le) et de pouvoir se faire des mamours entre copains. Mais alors que dire de ceux en box ? Qui n'ont le droit bien souvent qu'à 1 heure de vraie marche par jour, qui voient plus souvent la couleur de la paille que celle de l'herbe et pour qui les rapports sociaux se réduisent au contact visuel ? Avec la vie en box, on a bien une dénaturalisation de la nature profonde de l'animal, et par là, une forme de souffrance. N'ayons pas peur des mots. 



Quand le pré se transforme en coin de paradis


Une fois arrivé à ce stade de la réflexion, on parle tous la même langue et on peut continuer. Donc le pré, c'est bien. Mais ça reste quand même le minimum syndical: un carré d'herbe. Et je peux vous dire que si Spirit avait un syndicat, ça irait mal, même pour les proprio qui sont en mesure d'offrir ça à leurs chevaux. Car cela répond bien aux besoins essentiels d'un équidé (ce qui est déjà super !), mais on ne peut pas dire que la vie y soit palpitante. Dans la nature, les chevaux traversent des paysages variés et pleins de surprises, ont affaire à tous types de sols, trouvent une nourriture variée au gré de leurs divagations, choisissent leur habitat en fonction de leurs besoins... Et c'est à partir de ces observations, menées sur des troupeaux de mustangs sauvages, que l'américain Jaime Jackson (pareur naturel de son état, les chiens ne font pas des chats !) a eu l'idée de ces paddocks améliorés et intelligents, les paddock paradise. 

Exemple de paddock paradise.
Exemple d'organisation d'un paddock paradise - Crédit: rdxhorses.blogspot.fr

Le principe est de diviser le paddock en de nombreux espaces aux fonctions différentes et comportant des éléments naturels variés: un espace ombragé grâce à des arbres pour les jours de chaleur, un point d'eau dégagé, une zone comportant des abris sur un sol en sable, une autre consacrée au broutage avec une bonne herbe, un tronc d'arbre renversé à sauter , un couloir en gravier faisant le tour du paddock etc etc. Le but est d'amener le cheval à se déplacer le plus possible pour accéder à chaque espace correspondant à un de ses besoins, tout en  lui proposant un environnement enrichissant et interactif !



Plus qu'une lubie, un réel intérêt physique et mental


Le paddock paradise, en plus des avantages de la vie en troupeau dans un pré classique, permet donc:
  • d'éviter l'ennui grâce à un paysage varié et de nombreux déplacements,
  • d'entretenir la musculature du cheval et limiter sa prise de poids grâce à ces allées-venues obligatoires pour aller d'un espace à un autre,
  • de fortifier les sabots et stimuler leur croissance grâce à la marche régulière sur différents types de sols,
  • de limiter le risque de fourbure si l'on fonctionne avec une rotation de deux espaces pour brouter (chaque espace pouvant être ouvert ou fermé à volonté).


En somme, un vrai paradis équestre qui reconstitue les conditions naturelles de vie du cheval, et à la portée de tous ! Chacun peut créer son propre modèle de paddock paradise en divisant son pré selon l'espace disponible, 1 hectare (s'il n'est pas surpeuplé) étant suffisant pour faire quelque chose de sympa. Rajouter quelques buissons, un tronc d'arbre, une petite zone de sable et de graviers pour rendre l'environnement stimulant, créer simplement un couloir tournicotant pour séparer l'abreuvoir des abris, tout n'est plus qu'affaire d'imagination !



Le dernier mot Jean-Pierre...


Personnellement, je suis totalement séduite par l'idée, c'est un concept qui gagne à être connu pour ses bienfaits sur la santé mentale comme physique des chevaux. Je vous invite également à lire l'article de ChevalMag "Comportement: les 23 autres heures... Placés face aux dernières connaissances en matière de bien-être, nos systèmes d'hébergement semblent très "vieille école". Sommes-nous prêts à révolutionner l'habitat équin? Selon les éthologistes, le temps est venu". Si chacun réclamait un système d’hébergement nouveau, non plus adapté au cavalier mais au bel et bien au cheval, peut être le monde équestre entamerait-il un tournant en accord avec la volonté actuelle d'évoluer vers une équitation plus respectueuse de l'animal. Et peut-être serions nous plus nombreux à pouvoir offrir à Pompom la vie dont nous rêvons pour lui.















.................................................Pour aller plus loin.................................................



.............................................A lire aussi sur le blog..............................................

12 commentaires:

  1. Il y a quelque temps j'avais lu un article sur la nécessité de faire "bouger" son cheval pour éviter au maximum les coliques! J'ai mis en application la chose la semaine qui suivit, disposant l'eau de l'autre côté de l'abri et de la disposition de la nourriture.

    Là c'est vraiment poussé, et ça semble pas mal en effet!

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  2. J'adore le concept mais je pense malheureusement que ça reste compliqué à mettre en place dans les grosses structures, notamment en IDF...
    mais un concept que je trouve très bien, à mi chemin, et plus facile à mettre en place c'est l'écurie active : http://www.equilibre40.com/ecurie-active-hit.html
    une idée à creuser !

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    1. En IDF comme ailleurs, dès qu'on parle de pré ou de laisser un peu d'autonomie et de liberté aux chevaux, c'est compliqué...
      En dehors de la question de la place (pour le cas de l'IDF, toutes les écuries n'ont malheureusement pas de prés), je trouve que les Paddock Paradise restent quand même relativement simples à mettre en place. ça demande un peu de réflexion et de temps à installer mais après la gestion est - je pense - quasi la même que pour un pré normal...? Donc si avoir un pré/un cheval de sport qui vit au pré n'est pas un problème de base, faire un Paddock Paradise ne devrait pas l'être non plus !


      Je connaissais pas du tout l'écurie active, c'est super intéressant ! Mais à la rigueur, c'est ça que je trouve le plus compliqué à faire ^^ Car là on ne se limite plus au pré, mais c'est toute l'installation de l'écurie qui doit être réfléchie pour laisser au cheval la possibilité de circuler ect. Donc ça doit pas être des bâtiments "normaux" qui sont construits non ? Puis la distribution de grain par ordinateur, ça doit avoir un coût aussi... D'ailleurs c'est le truc qui me fait tiquer (sans raison valable, je l'accorde), j'ai du mal quand ça devient trop informatisé, le côté industriel/usine même si ça permet une distribution en continue et bien calculée.

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  3. J'aime beaucoup ce concept de paddock paradise, je ne connaissais pas. En plus de les faire bouger, c'est varié et ludique.

    J'en profite : je ne sais pas si vous avez vu mais en ce moment tourne un tag dans la blogosphère équestre appelé « Liebster Award » et j’ai été nominée ^^.

    La bonne nouvelle, c'est que j'ai aussi nominé La Crinière Blonde ! :)
    Plus d’infos sur mon blog : https://danslafamillechevaljevoudrais.wordpress.com/2014/12/30/liebster-award/

    J'espère avoir le plaisir de vous lire !
    Très belles fêtes de fin d'année. :-)

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    1. ça a été une grande découverte pour moi aussi et je suis fan depuis ! J'adorerai pouvoir faire ça pour mon futur cheval, on peut commencer par des choses toutes simples mais qui peuvent pourtant tout changer !


      Ahah merci pour le tag, j'ai déjà été nominée par Soon a Horse il me semble, il va falloir que je m'en occupe ;)


      Bonnes fêtes de fin d'année également !

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    2. C'est pas moi ! Par contre j'ai été nominée aussi !

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    3. Voilà, nouvelle année, je vieillis, la mémoire qui flanche :p

      Effectivement c'est Caval'ierre !

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  4. On s'en approche de ce "paradis" avec Tabasco alors, car son pré est divisé en 4 "zones" (sur 4 hectares pour 3 à 6 chevaux) :
    - un très grand pré plat en herbe
    - une petite forêt (où ils dorment d'ailleurs)
    - un grand pré en garrigue (caillasse et arbustes secs) en pente
    - berges en terre avec accès à la rivière pour boire et se baigner si l'envie leur prend

    Pas trop mal ?

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    1. Effectivement sympa comme pré ! C'est top quand c'est naturellement diversifié comme ça. Il a bien de la chance ce Tabasco :)

      (Par curiosité, tu es dans quelle région?)

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    2. Montpellier, mais c'est un cas exceptionnel dans la région !

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    3. Oui en effet ! Je suis aussi de montpellier et ce genre de terrains c'est assez rares

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  5. L'idée me parait très intéressante. Finalement, il s'agit simplement de se creuser un peu la tête pour apporter à son cheval les conditions de vie qui lui conviennent le mieux, et ça ne parait pas si compliqué à réaliser selon les possibilités de l'espace disponible!

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